Interview : Miss Machine

Miss Machine nous a présenté il y a quelques semaines son clip "Regarder les choses". Un titre abouti par la voix, les textes ciselés et la mélodie qui à coup de rythme tonique et de riffs séduisants, reste facilement en tête. Alors j'ai voulu en savoir plus sur elle en lui posant quelques questions.

Bonjour Miss Machine. Il y a presque deux ans maintenant, tu as sorti ton premier EP Tout Autour". Avec le recul, quel a été l’accueil que t’ont réservé le public, les médias, le milieu musical, quel en a été l’enseignement ?

Oui, l’EP est sorti à la fin du mois de septembre 2020. C’est un EP entièrement autoproduit, que je voulais au départ surtout utiliser pour démarcher les bars, les salles de concert, etc. J’étais agréablement surprise de constater qu’il avait été plutôt bien reçu : il y a eu plusieurs articles de presse (locale et nationale), quelques émissions de radio, j’ai été contactée par un tourneur, etc.


Avant de poursuivre sur tes projets, j’aimerais qu’on revienne un instant sur toi, est-ce que tu peux te présenter, qui est Miss Machine ?
 Et pourquoi ce nom ?

Eh bien je m’appelle Éloïse, j’ai 24 ans et je fais de la musique sous ce pseudonyme. À la base il y a plusieurs raisons à ce choix : je ne voulais pas faire de la musique sous mon propre nom (ou prénom) car cela peut vite donner l’impression que la musique serait de la chanson française. Je n’ai évidemment rien contre la chanson française, mais ce projet est davantage pop-rock et nécessitait donc un nom plus approprié. Ce nom de « Miss Machine » a en plus une sorte d’ambivalence qui me plait bien !


Peux-tu nous parler de ton parcours, qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique, j’imagine que tu es tombée dedans toute petite, c’est l’environnement familial qui t’a convaincu de te lancer ?

Oui, j’ai grandi dans une famille où la musique était omniprésente (mon père est musicien et nous allions souvent voir des concerts). C’est pourtant assez tardivement que je me suis décidée à concrétiser cette envie qui était néanmoins tout du long comme latente.


Au-delà de ton environnement proche, y’a-t-il eu une rencontre qui t’a confortée dans ton choix  ?

Pas particulièrement, j’ai eu un peu de difficultés au début à trouver une formule qui me satisfasse pour jouer mes morceaux en live ; j’aimerais quand même dire que l’environnement nantais est particulièrement propice aux développements de projets musicaux (il y a un côté petite famille dans le milieu musical à Nantes, et il y a beaucoup de gens super sympas). Ce n’est pas partout comme ça, et c’est agréable de voir qu’il y a à la fois une vraie petite communauté bienveillante, et une politique locale favorable aux projets artistiques.



J’imagine que tu dois avoir des tas d’influences musicales, des artistes, des styles musicaux qui t’inspirent, quels sont-ils ? Avec des textes chantés en français, j’aurais tendance à imaginer que tu puises plus ton inspiration côté français que côté UK, non ?

Eh bien bizarrement, non : l’influence se trouve plutôt Outre-Manche ou Outre-Atlantique ; j’adore les Arctic Monkeys ou Garbage par exemple. J’écoute essentiellement de la pop-rock assez classique – je ne sais pas trop si cela se ressent dans mes morceaux car je n’y pense pas vraiment en composant. Après il y a bien évidemment des artistes francophones rock qui me plaisent également !


Revenons à ton EP « Tout Autour ». Quelle a été sa genèse, son point de départ ? Quels messages as-tu souhaité faire passer  ?

Ma musique n’est pas immédiatement revendicative ; elle est plus expressive que politique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de thèmes qui me tiennent à cœur qui sont au centre des morceaux. « Tout autour » par exemple est – de manière impressionniste – l’expression d’un agacement face à certaines choses qui prennent encore trop de place dans nos vies ; ces choses qu’on aimerait voir disparaître parce qu’elles sont au fond nocives. Il y a une lecture politique du morceau (politique au sens large, c’est-à-dire sur la façon dont nous organisons nos vies), parce qu’il y a un tas de choses ou de structures dont l’absence me réjouirait (le plastique, le sexisme, etc.).


Comment s’est passé le travail autour de cet EP, entre la composition, l’enregistrement, tout le travail en studio ?

Ce premier EP représente une première partie ou une première phase de Miss Machine – et du travail de composition : les morceaux ont à ce stade déjà plusieurs années car tout prend toujours beaucoup de temps ! « Faux contact » par exemple est le premier morceau que j’ai sorti – dans une version maquette – mais c’étaient les balbutiements du projet. J’ai enregistré chez James Wood, dans son studio à Nantes. C’est également lui qui a mixé. Le mastering a été fait par Jeff Ferrand !


Comment envisages-tu la suite, as-tu d’autres titres à venir ? Des projets en prévision ?

Je viens de sortir un nouveau single intitulé « Regarder les choses » ; j’ai également deux autres morceaux qui sortiront ces prochains temps. Les trois ont été enregistrés au Garage Hermétique, à côté de Nantes aux côtés de Pierre Le Gac et Nicolas Moreau. C’est une nouvelle phase dans le développement du projet !


Miss Machine


On a fêté les 2 ans de la pandémie. Quel est ton ressenti sur cette période, comment tu l’as vécue ? Dans ta vie, et artistiquement dans ta façon de travailler ?

Mon ressenti général ne sera pas très original : on se serait bien passé de cette pandémie (tout comme on se passerait bien de tous les désagréments du réel). À certains égards, d’un point de vue artistique, cela m’a donné (comme à bien d’autres) du temps pour composer, cela a été l’occasion de donner une certaine inflexion au projet, dans la nature des compositions notamment. Ici aussi, je regrette comme tout le monde que tout l’aspect vivant de la musique ait été mis de côté. Il faut espérer que cette parenthèse se referme de manière définitive très prochainement.


On va faire un peu de profilage pour faire un peu plus connaissance. Si on te proposait aujourd’hui de collaborer avec un ou une artiste sur un projet musical, t’aimerais travailler avec qui et pourquoi ?

Ahah alors s’il est permis de rêver, j’adore le groupe canadien Metric, j’adore également ce que fait Dan Levy : s’ils cherchent à collaborer je suis disponible ! Plus sérieusement, il y a plein d’artistes très chouettes, et il est vrai que je n’ai pas eu l’occasion jusque maintenant de faire des collaborations sérieuses, peut-être à l’avenir 

Y a-t-il une nouveauté musicale que tu viens d’écouter et que tu nous conseilles ?

J’évoquais Dan Levy à l’instant, j’aime beaucoup ce qu’il fait avec son projet S+C+A+R+R ; c’est plus électro-pop et c’est super réussi.


As-tu un album préféré que tu écoutes très souvent et dont tu ne voudrais surtout pas te séparer  ?

Il y en a plein, mais peut-être Humbug des Arctic Monkeys.


As-tu une personnalité passée ou présente que tu rêves de rencontrer  ?

Hé hé quand je pense à ce genre de question, je me dis qu’il y a évidemment plein de monde que j’admire mais que je n’oserais pas rencontrer de peur d’être trop embarrassante !


Un film, une série, culte pour toi ?

Je ne vais pas être très originale : Breaking Bad.


Une BO de film ou de série que tu aimes ?

J’adore la BO de Buffy  !


On termine avec une dernière question pour conclure : Si t’avais un message ou un conseil à passer à tes fans ce serait quoi ?

Ahah ce serait un peu présomptueux de penser que j’aie des fans ! Si des gens aiment ma musique, c’est vraiment chouette (tout comme on écrit pour être lue, on fait des morceaux pour être écoutée), ça me fait toujours hyper plaisir que ça puisse toucher des gens ici ou là. Mais je n’ai pas de grands conseils de vie ou de messages prosélytes à faire passer !


Merci Miss Machine de nous avoir accordé du temps. Quand à nous, on vous invite à revoir "Regarder les choses", son dernier clip.


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