Roman Töppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

Le 5 juillet 1943 l'opération «Citadelle» est déclenchée par Hitler. Objectif, enfoncer définitivement les défenses Russes. Elle se soldera par un échec et le 23 août par la reprise de Kharkov par l'armée Rouge. Roman Töppel revient sur le tournant décisif de la seconde guerre mondiale.

Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

Sous l'oeil de Roman Töppel

Piochant dans des archives inédites extraites des deux camps, ne se fiant que peu aux récits des protagonistes allemands et russes, les considérant fausses jusqu'à preuve du contraire, Roman Töppel nous livre avec "Koursk, 1943" un récit, fidèle, juste et démystifié des combats de l'été 1943.

Cet affrontement entre la Wehrmacht et l'Armée rouge est considéré comme l'un des chocs décisifs du second conflit mondial. 

Ce qui est vrai, mais peut-être aussi parce qu'il accumule un certain nombre de fausses informations (Fake news) et surtout de légendes qui n'ont cessé de circuler depuis bon nombre d'années. 

C'est là donc qu'intervient Roman Töppel

Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

L'historien allemand a repris l'ensemble de la documentation avec pour objectif, de chercher à comprendre l'enchaînement des faits, et connaître les moyens tactiques engagés et les pertes exactes. 

Voilà une approche qui aura pour conséquence, on le verra, de bousculer les thèses classiques et d'offrir un récit remis en perspective sur les combats de cet été 1943.

C'est donc un véritable travail d'analyste et d'archiviste qu'il nous propose à travers cet ouvrage.

Seul Roman Töppel pouvait revenir sur Koursk

Roamn Töppel n'en est pas à son premier coup d'essai. Docteur en histoire, il est né à Bautzen, en Allemagne et a rédigé une thèse sur les guerres de l'Empire (Die Sachsen und Napoleon. Ein Stimmungsbild 1806-1813).

Roman Töppel est également l'un des contributeurs de l'édition critique de Mein Kampf établie par l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.

Enfin, il a rédigé plusieurs textes sur la bataille de Koursk, et cet ouvrage en est l'ultime témoignage. 

Le travail auquel il s'est livré est, disons-le tout net, historiquement salutaire. Il permet de remettre les évènements dans leur contexte et de prendre de la hauteur. 


Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

Beaucoup de choses ont en effet été racontées depuis des décennies, souvent pour des raisons plus politiques qu'historiques. 

Côté Russe, on a voulu instrumentaliser cette victoire soviétique à la Pyrrhus. Longtemps elle permettait de glorifier Staline et d'asseoir le prestige de l’Union soviétique. 

Aujourd'hui encore, elle est encore vécue comme tel, souvent à des fins de propagande autour de la Grande Russie, au même titre que le débarquement en Normandie, qui à l'ouest phagocyte tous les autres combats, bien souvent d'ailleurs, au profit de l'armée des Etats-Unis. 

Retour sur les combats

Dans le livre de Roman Töppel, le récit des combats est particulièrement fidèle, jour après jour. 

On suit d'abord les longs préparatifs de l'attaque, puis son déclenchement le 5 juillet 1943. 

L'auteur revient à plusieurs reprises sur cette date qui a été maintes fois repoussée. Prévue initialement au printemps, elle est décalée de semaines en semaines, puis de jours en jours pour débuter finalement le 5 juillet. Pour des raisons climatiques tout d'abord, puis également pour des raisons tactiques et matérielles.

Dans ce livre, on découvre évidemment l'obsession d'Hitler : casser l'Armée rouge. Il lui faut atteindre cet objectif, à tout prix. 


Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

Et il sait qu'il en a les moyens, de par la supériorité technique de son armée. Une armée enthousiaste, qui sort du revers de Stalingrad et qui veut prouver sa valeur.

C'est donc une armée sûre d'elle, ultra motivée qui, à l'instar de son Führer, compte notamment sur la performance de ses nouveaux chars Tigre et sur celle de la Luftwaffe pour faire la différence et briser les soviétiques. Autant d'atouts qui sont redoutés par les russes.

900 000 soldats allemands feront donc face à plus de 2 millions de soldats soviétiques. Malgré ce fossé humain, la technologie et l'agilité sont à l'avantage de l'Allemagne.

Ce que l'on sait moins, en revanche c'est qu'Hitler n'est pas tout à fait à l'origine de la bataille de Koursk, contrairement à ce qui sera dit après la guerre par les généraux allemands. Il voudrait plutôt attaquer plus au sud, dans le Dombass. Mais finalement il se range derrière ses généraux qui voudraient leur victoire de prestige.

L'auteur explique ainsi que le principal instigateur de la bataille ne fut pas Hitler, mais le général Zeitzler

Nous apprenons que la décision d'attaquer dans le saillant de Koursk a été longue à prendre. Trop longue peut-être, car elle permet aux russes de parfaire leur défense. Avec trois niveaux ultra protégés.

On s'oriente donc vers un affrontement non pas dans la logique de la guerre de mouvement, mais dans la logique de Verdun.


Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943



De nouvelles découvertes

On sait déjà que cette bataille avait Impliqué plusieurs millions de soldats allemands et soviétiques, plus de dix mille tanks et canons automoteurs, ainsi que des milliers d'avions.

On sait aussi que la bataille de Koursk fut l'un des plus grands affrontements de la Seconde Guerre mondiale et que rarement autant d'hommes, autant de matériels n'ont été engagés, et détruits, en si peu de jours et dans un espace si restreint. Koursk concentre ainsi toute la virulence du conflit germano-soviétique.

Mais ce que l'on sait moins, et que l'on apprend à travers ce travail d'enquête, c'est que Koursk fut aussi et surtout un affrontement tout aussi bien aérien que terrestre. Et là, on connaît la suprématie de l'aviation allemande, atout maître du commandement Nazi.

La supériorité allemande est écrasante. A tel point que le taux de pertes aériennes soviétiques sera longtemps caché.

Cependant, l'avantage des russes, celui sur lequel ils vont s'appuyer, est leur nombre et la solidité de leur ligne de défense.

Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943


L'effet dévastateur de la bataille de Koursk

Ce véritable affrontement marque un tournant dans la seconde guerre mondiale.

Pourquoi ?

Après quatre jours, l’offensive allemande est stoppée au nord du saillant de Koursk. Sur le versant sud, les combats sont plus longs, avec de nombreux corps à corps de blindés et des assauts aériens.

Le 12 juillet 1943, l’affrontement entre la 5e armée blindée soviétique et le 2e SS-Panzerkorps est le paroxysme de la bataille de Koursk. 

Ce jour là, le corps soviétique est laminé. Les Allemands sont victorieux sur le plan tactique, mais ils sont complètement épuisés. Et surtout la ligne de ravitaillement ne suit plus. Et ils sont en nombre inférieur.

À la mi-juillet, les Allemands commencent alors un long repli. La bataille de Koursk s’achève sur une défaite allemande le 23 août 1943. 

Aucun des buts poursuivis à l’été 1943 par l'état major allemand n’a été atteint. Au contraire, cette défaite porte un coup décisif à l'avancée allemande. 


Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

La Wehrmacht doit changer de tactique 

Portée naturellement sur l'offensive et organisée comme telle, elle se voit contrainte de reculer. Ceci remet en question totalement son fondement et sa stratégie avec un passage offensif/défensif qui va s'effectuer dans le plus grand désordre dû au harcèlement russe.

Dès ce changement d'état, elle n'est plus en capacité de combattre efficacement, d'autant plus que ses pertes sont énormes. Koursk l'a saignée à blanc. Tant sur le plan humain que sur le plan matériel.

Et face au nombre, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. 

À partir de Koursk, va donc s'enclencher une vaste contre offensive russe, puissante et continue, qui ne va véritablement s’achever qu'en avril 1945, dans les ruines fumantes de Berlin.

L'enseignement de ce travail d'enquête

Cet ouvrage donne une vision nouvelle de cet affrontement. Parce que le travail de recherche de Roman Töppel est tout simplement parfait. 

Il permet de bousculer le récit colporté depuis toujours autour de cette bataille. Toutes les légendes et parti-pris auxquels on avait souscrit disparaissent devant les faits. 


Roman Toppel revient sur la plus grande bataille de chars de l'Histoire : Koursk, 1943

Tel un puzzle, les pièces s'assemblent autour de ce saillant de Koursk

Les russes y ont pénétré un peu trop avant mais tiennent à le conserver coûte que coûte. 

Les allemands y voient l'occasion d'attaquer et de détruire l'Armée rouge. La plaine de Prokhorovka sera leur tombeau.

Nous avons, grâce à ce récit, une vision neuve de ce que l'on peut appeler la mère des batailles. 

Une vision qui mériterait d'être partout enseignée. 


Roman Töppel
Koursk, 1943
La plus grand bataille de la seconde guerre mondiale
Editions Perrin
Ministère des Armées

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