Guero sort son orgue

Quand la musique te prend aux tripes depuis tes 10 ans, t'as pas d'autre choix finalement que de te jeter à l'eau. C'est ce qu'a fait Guero qui cette année a sorti son premier Ep ORGUE. Bien joué !

Le premier EP de Robin Pagès, alias Guero, s'intitule Orgue


C'est la faute à ton père !

Ben ouais, quelle idée d'offrir pour ses 10 ans une guitare à son fils ? Surtout que, malin le lynx, papa en a profité pour s'en offrir une, au nez et à la barbe de maman (non, non, pas Conchita Wurst), histoire de gratter en famille.

Deux, trois accords en main, qui font bien le boulot, et voilà le petit Robin Pagès, atteint du virus de la gratte. Ça se passe dans la chambre, la fameuse guitare en main, un magnétophone à cassettes et un frère réquisitionné pour taper sur des bambous en guise de batteur.

Tu parles d'un virus !

Le problème, quand on a ce virus, soit ça passe, soit ça casse. Et quand ça casse, ça casse plutôt la baraque.

Donc voilà, le fin mot de l'histoire, c'est que Robin s'est vite lancé dans les compos, dans la guitare et dans les instruments, bref dans la musique.

De fil en aiguille, inutile de dire qu'il a très vite commencé à jouer et intégré des groupes de sa région.

Après 7 ans dans John And The Volta, il décide de se jeter à l'eau, dans le grand bain, et on en arrive à Orgue.

Dès qu'on entend parler d'orgue, on pense en général à des trucs d'église et parfois à Charlie Oleg. Donc, comme référence, on peut faire mieux, et espérons qu'avec justement cet EP ORGUE, Guero va nous inciter à changer de paradigme (j'ai réussi à placer le mot : +200 points).

Mais au fait Guero, pourquoi ? 

D'abord à cause de Beck, et de son album Guero sorti en 2005. Pas l'un de ses meilleurs pourtant, moins déjanté, mais qui avait quand même fait le job.

Et puis parce que le "guero", c'est un peu le jeune gars différent, celui qui passe pour l'albinos chez les mexicanos, le blanc bec qu'on aime bien au village.

Le premier EP de Robin Pagès, alias Guero, s'intitule Orgue


Bref, alors Guero, un solitaire ? Un jeune gars sensible ?

Pourquoi pas, en tout cas on peut le ressentir, côté sensibilité, lorsque l'on se plonge dans l'écoute de ce premier Ep Orgue. Mais on peut ressentir aussi d'autres inspirations, naviguant entre Phoenix et Radiohead parfois.

C'est donc riche de force et de précision, mais aussi d'émotion. Il n'y donc a pas qu'à l'église que l'orgue délivre de l'émotion, et c'est bon à savoir.

Et pourtant, d'orgue, dans l'album, il n'est point question.

On parlera plutôt de synthé

C'est cela, l'ambivalence, les mauvaises langues qui s'attendent à écouter de l'orgue seront déçues, et c'est tant mieux. 

On chemine plutôt au fil des harmonies synthétiques, avec à l'esprit l'image de l'instrument historique, mythique ancêtre du synthétiseur qui fait tourner les têtes.



Sachant qu'au final, chacun des deux instruments concoure au même but : élever les âmes et les esprits jusqu'au firmament.

Cela donne un EP qui varie les plaisirs au fil de l'écoute. On monte en tension, et l'on redescend en rythme, à l'image de ces montagnes russes de parc d'attraction.

Rien de tel pour donner de la joie.




Guero
EP Orgue


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