Maya Kamaty se réinvente avec Pandiyé

Dix ans après ses débuts, la chanteuse réunionnaise Maya Kamaty sort son deuxième album. "Pandiyé" est bien l'album virage, loin de son premier opus "Santié Papang", et nous emmène vers de nouvelles sonorités. C'est notamment le cas à l'écoute de son premier extrait, "Dark River".

Maya Kamaty se réinvente avec Pandiyé


La Maloya comme inspiration

Il y a 10 ans, Maya Kamaty se révélait au grand public en tant que choriste, avant de se lancer dans l'aventure musicale pour créer son propre groupe.

C'est en puisant dans ses racines, dans la langue créole, dans la culture de son île d'origine, la Réunion, que Maya Kamaty avait braqué ensuite sur elle les projecteurs, à travers des sonorités transmises comme un héritage.

Avec comme fil rouge le Maloya typique de son île, ce blues ternaire issus des esclaves malgaches et africains, elle s'était vu alors ouvrir les marches du succès.

Car le Maloya, elle a su se l'approprier, le revisiter, notamment avec "Santié Papang" son premier album sorti en 2014. Et le faire revivre tout simplement.

Maya Kamaty se réinvente avec Pandiyé


"Santié Papang" avait alors été fort bien accueilli par la critique et le grand public, et lui avait valu le coup de coeur de l'Académie Charles Cros.

Cela lui avait permis d'enchaîner sur une tournée mondiale, de l'Inde à l'Australie, du Maroc à l'Afrique du Sud, du Canada à la Corée du Sud et la Chine, avec partout, un succès mérité et incontestable.

Des racines revendiquées

Fidèle à ses racines, Maya Kamaty a souhaité cependant avec ce second album pousser encore plus loin la portée symbolique de son message. 

S'appuyant sur ce qui a fait son succès, elle est parti dans des directions différentes, sans pourtant se renier.

Qu'on ne s'y trompe pas. On est loin de l'ambiance du Douanier Rousseau. S'emparant de la langue créole, Maya Kamaty a propulsé sa culture bien au-delà des clichés. On touche en effet, dans ses mélodies, dans ses sonorités, dans ses compositions, à des éléments bien plus larges, plus forts, plus transcendants. 

Et dans un registre différent du premier album.

Maya Kamaty se réinvente avec Pandiyé


Un changement de cap

Cette volonté de changer de cap, peut-être vue comme une remise en question, mais c'est surtout une envie d'aller de l'avant, de se renouveler.
« Cela aurait été trop facile de refaire "Santié Papang", j’ai besoin de me mettre en danger, de prendre des risques »

Avec cet exercice difficile et risqué, entre tradition et modernité, l'artiste prend donc des risques. 

Mais des risques mesurés car elle s'appuie toujours sur sa famille musicale, comme un repère dans l'obscurité. 

On retrouve ainsi au son, Olivier Soubra, Moana Apo aux percussions et Stéphane Lepinay à la guitare. Mais aussi d'autres "dalons" (amis) ; Kilik Payet, Ouriel Ellert, Karim Attoumane, Bastien Picot, Anne Drula, Rémi Cazal, le batteur Dylan Marvillier ou encore Natasha Rogers qui participent étroitement à l'enregistrement Un voyage riche d'influences

Avec un tel angle d'action, une telle inspiration, un tel groupe autour d'elle, nous avons devant nous non plus une musicalité locale qui pourrait paraître folklorique, mais plutôt un style, un élan qui va au delà. 

C'est bien une portée internationale qui se dégage de "Pandiyé". Et avec le premier extrait "Dark River", Maya Kamaty puise dans les basses puissantes, celles de l’électro-folk de l’islandais Asgeir, du hip-hop de Kendrick Lamar, ou celles de la pop vibrante de Björk.

Voilà bien un voyage qui vaut la peine d'être commencé.




Pour découvrir "Pandiyé" de Maya Kamaty, rendez-vous sur sa page Facebook.

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