Juan Branco dénonce le crépuscule de la démocratie

Nul n'est prophète en son pays. Heureusement parfois. Sauf qu'ici, le crépuscule démocratique que Juan Branco nous conte est bien sombre. Se réalisera-t-il ?

Juan Branco dénonce le crépuscule de la démocratie



Le succès est explosif depuis sa parution d'abord en format .pdf, puis son édition chez Au diable Vauvert Massot Editions.


Je veux parler du pamphlet de Juan Branco contre Macron et les oligarques.

Un crépuscule surprise ?

D'aucuns seront surpris de ce crépuscule qui nous est décrit et qui nous attend. Certains découvrirons des faits et une situation générale qu'ils ignoraient avant d'ouvrir ce livre. 

Pourtant, même si l'on n'est pas au fait de l'actualité du Petit Paris, dans lequel traînent et se pavanent, chevaliers d'industrie, politiciens et journalistes, voilà bien un crépuscule que l'on appréhende depuis des décennies.

Et qui nous pend au nez.


Le fond et la forme

C'est pourquoi, je n'ai guerre été choqué en découvrant cette accumulation de preuves à charge. En revanche, j'ai davantage été dérangé par le style que par le contenu. 

Les tournures de phrase, le ton et le style rageur témoignent d'un ressenti très brut de l'auteur, qu'il parvient difficilement à canaliser, tant le sujet lui tient à coeur, et tant on le sent touché aux tréfonds de lui-même.

Cela donne un pamphlet parfois délicat à suivre. 

Mais, si le lecteur se sent interpellé, s'imprègne de cette atmosphère nauséabonde en naviguant dans les arcanes du pouvoir tels que nous les décrit l'auteur, alors, il peut faire son miel de cette lecture. 

Et son fiel.

Car c'est au fiel qu'en appelle Juan Branco. Un fiel qu'il n'hésite pas à déverser sans garde fous, sur une oligarchie qui a fait sien le système démocratique. Et l'a détourné de sa fonction première, pour son plus grand profit. Eh oui, les fameux 1% des plus riches.



Pour ma part, la forme a desservi le fond. Peut-être aussi parce que je suis déjà relativement informé sur les manipulations et la collusion entre pouvoir, oligarques et médias, entre autres. 


À chacun son crépuscule

Alors, question principale. Est-ce que l'on apprend des choses ? Pour ma part, peu. Peu, aussi, pour une personne relativement informée. Ou, en tout cas, pour une personne qui s'abreuve à d'autres sources d'information que celles du système. Et qui lit. Télévision éteinte.

Les lecteurs de cette catégorie n'en apprendront donc très peu. Par exemple, l'histoire de Mimi Marchand est déjà connue et se trouve en librairie. La construction de Macron aussi.

De même pour ceux qui savent lire entre les lignes d'une chronique ou d'un édito, ceux qui savent analyser les angles utilisés par les journalistes pour décrire un fait divers, un évènement politique, géopolitique ou militaire. Eux non plus, ne seront pas choqués. Au Pire seront-il écoeurés. Mais ne le sont-ils pas déjà ?

Pour les autres, ceux qui ignorent encore le monde dans lequel ils vivent, Juan Branco propose une analyse, un décryptage. Il accumule les faits et réalise, finalement, un travail d'enquête et de recoupement. Le travail que tout journaliste indépendant devrait faire.

Mais journaliste, et indépendance, dans le monde qu'il nous décrit, cela n'existe pas.

Alors, finalement, quelle que soit la cible de Juan Branco, on lit dans ce pamphlet comme une croisade d'un Don Quichote contre ceux de ses anciens amis qui se sont gavés sur le dos d'un système. Une croisade courageuse, mais sans doute nécessaire.

Juan Branco dénonce le crépuscule de la démocratie

À lire ou pas ?

Les lecteurs citoyens qui voudront mieux connaître la Macronie, comment une marionnette, péquin moyen sans envergure et sans talent, a joué son Julien Saurel pour se faire sponsoriser par des puissants. 

Comment elle et s'est faite construire tout un storytelling extravagant pour conquérir le pouvoir afin de mieux rendre service à ceux qui l'avaient adoubé. 

Pour connaître ce qui s'est tramé dans les coulisses de la présidentielle, ruez-vous sur ce pamphlet. Vous ne serez certainement as déçu. Peut-être vous viendra-t-il l'envie de porter un Gilet Jaune par la suite.

Sinon, si vous voulez en savoir davantage, et si vous voulez vous abreuver à la source historique de ce système, préférez lire "La Fabrication du Consentement" par Noam Chomsky. C'est certes très long, abscons, mais c'est utile pour éviter le crépuscule.

Mais quoi qu'il en soit, la conclusion est simple à la lecture de ce livre.

Si l'on en est là, nous en sommes en partie responsable car nous avons laissé faire, laissé les clé à des manipulateurs, laissé grossir la pieuvre de ce système que nous ne contrôlons pas, et que l'on nous vend comme une démocratie méritante pour mieux nous sucer le sang. 

Nous sommes autant coupables que victime, et c'est cela, la conclusion de ce crépuscule.

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