Ocean's 8 : l'Océan du vide ou la magie du cinéma

On ne savait pas trop quoi inventer. On n'avait plus trop d'idées. Qu'est ce qu'on pouvait trouver pour faire du cash facilement et rapidement ? Et puis il y eut la solution : c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

les héroines d'ocean's 8 sur lacn


Eh oui, puisque c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, on a décidé d'en prendre un bon vieux. Un bon gros vieux pot. Presqu'une marmite même. Et d'y ajouter quelques bonnes grosses carottes nouvelles. 


Sortez les grosses carottes

Les carottes ? Elles sont au nombre de 8. J'aurais plutôt dit des nouilles. Bref, ce sont Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway, Mindy Kaling, Sarah Paulson, Awkwafina, Rihanna et Helena Bonham Carter (qui joue toujours le même rôle à savoir celui d'Helena Bonham Carter...). 

En matière de carottes nouvelles, on trouve que Sandra et Cate sont un peu des légumes hors saison (pour être gentil...). 

Sauf que cela ne s'arrête pas là et qu'en voyant Ocean's 8 on pourrait d'ailleurs dire ceci : "c'est dans les vieux pots qu'on fait les pires soupes, avec 8 nouilles et des navets insipides". 

Mettez le tout dans un gros pot

Le pot ? C'est Ocean's 11 mais copier-coller en 8, allez comprendre. Comme quoi, on n'est vraiment pas allé chercher très loin. 

Alors évidemment on nous dira "oui, c'est une nouveauté". 

Ça, c'est évidemment le discours sorti tout droit des journaux télévisés, où l'animateur répète à une comédienne punie pour faire la promo (Oups, pardon, "venue" pour faire la promo) les questions qu'on a eu la gentillesse de lui lister pour lui faire gagner du temps et lui épargner une projection presse, histoire d'être plus opérationnel pour d'autres futilités bien plus essentielles qui ont lieu plus tard le soir, comme se faire mousser dans un pince fesses garnis de membres de la majorité gouvernementale et de députés grassouillets. 

l'affiche avec les 8 héroines d'ocean's 8 sur lacn

Bref. Revenons à l'argumentation d'Ocean's 8.

Les têtes bien pensantes, mais aussi sonnantes et trébuchantes d'Hollywood, nous trouveront aussi un tas d'autres arguments pour vous faire vous ruer en salle comme un seul homme ou une seul femme ou autre.

Des arguments du genre "toute série à tension dramatique s'appuie sur les bases de la dramaturgie et cela ne changera jamais quelle que soit l'intrigue, on aura toujours un héros et une quête, des incidents dramatiques et un climax, mais là, c'est inédit, totalement différent et jamais vu à l'écran : cette fois, il s'agit d'héroïnes, un film 100% féminin qui tranche totalement avec le "déja vu" et qui résonne comme un cri de vengeance en cette période trouble du "Me Too" !". 

Ouais. Je demande à voir. 

Et, comme si cela ne suffisait pas, un producteur interviewé conclura, histoire de vous faire rentrer dans le droit chemin, avec un truc du genre : "Cela n'a pas changé depuis l'antiquité monsieur, alors ne soyez pas trop misogyne, cette fois ce film est une véritable révolution dans le cinéma, un changement de paradigme".

Rien que ça.

Evidemment.

Donc, cela doit me la faire boucler et justifier de devoir supporter deux heures d'insignifiance stérile digne du niveau d'intelligence de Candy crush.

Si c'est cela faire honneur à la gente féminine, nul doute que les producteurs devraient immédiatement être jetés en prison pour "#MeToo avec préméditation".

Parce que, franchement, si c'est ça, non pas le cinéma, mais "the entertainment des années Millennials" alors... Que dire ? On est pourtant obligé de s'incliner.

L'Ocean du vide

Il n'empêche qu'avec cet Ocean qui touche le fond, la question se pose de l'utilité. La manoeuvre des producteurs est assez grossière, les ficelles sont de véritables câbles.

Pour faire passer la pilule indigeste du néant, on campe une soeurette de Danny Ocean, on traficote le tout dans un décor de MET Gala à New York, on rajoute une histoire de vol de bijoux de la Castafiore, normal, pour des filles, diront les plus retors, et on ponctue le tout avec un méchant ex, beurk.

Cela aurait pu s'arrêter là, mais dans cette marmite baignent surtout des personnages qui ne sont que des caricatures poussées à ce qu'elles ont de plus ridicule, à commencer par Sandra Bullock que le maquillage n'arrive plus à rendre convaincante.

Les personnalités ne sont même pas creusées. C'est lisse comme des mèches brésiliennes, fade comme une bossa sans musique. 

Au final, ce trèèèès long (kilo)métrage donne l'irréversible sensation d'être un pauvre copier-coller d'Ocean's 11 ayant perdu toute substance et consistance.

les héroines d'ocean's 8 sur lacn

Le Téléthon d'Hollywood

Mais, quand même, faites un don pour les producteurs en mal d'idées : allez voir ce film. Ou pas, si vous préférez garder votre argent. 

Sinon, ne réfléchissez pas, n'en demandez pas trop et allez voir deux heures de Ocean's 8, une nouveauté jamais vue à l'écran de toute la planète que c'est trop inédit jamais filmé un film aussi incroyable mais vrai qui tranche complètement. 

Et surtout, au moins pendant 2 heures, cela vous évitera d'avoir à ouvrir un livre et ce sera une ôde au temps de cerveau disponible made in TF1. 

Au passage la première TV sera sur cette chaîne un dimanche soir pour bien vous faire aimer la vie et avoir l'envie d'avoir envie d'aller bosser le lundi matin en finissant votre weekend en beauté devant tant d'intelligence, d'humour, de légèreté et de joie. 

les héroines d'ocean's 8 sur lacn

Opération Cash machine

Evidemment, je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre avis (en streaming gratuit ? oups...). 

Et pour réellement signifier à certains que j'ai tord, mais aussi pour montrer que je ne me trompe pas, notez les chiffres du box office US. 

Pas moins de 41,5 millions de dollars de recettes pour le premier week-end d'exploitation, un démarrage qui efface Solo et Deadpool 2. Cela en fait des cerveaux disponibles avec encéphalogramme plat.

L'affaire est dans le sac, donc, et on n'a pas droit à un vol de bijoux, mais plutôt à un braquage d'une plus grande ampleur. 

C'est bien là que réside la magie du cinéma.

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