Grease, le feel good musical de la rentrée

Après une année blanche causée par l'incendie du théâtre Mogador, Stage France se devait de frapper un grand coup. C'est chose faite avec Grease qui cette fois enflamme pour de bonnes raisons ce splendide théâtre parisien entièrement rénové.


Le retour après une année blanche

L'an dernier, quelques jours avant la première du fantôme de l'Opéra, les décors et une partie de la scène du théâtre Mogador étaient ravagés par un incendie. Tout tombait à l'eau. Fauché en plein décollage, le fantôme tombait de haut. Allait-il se relever ?

Et puis non, le couperet s'était finalement abattu sur le rêve de voir sur scène l'adaptation Musical du chef d'oeuvre de Gaston Leroux.

Pas de fantôme. Bien plus touchée que je n'aurait pu l'imaginer, la salle devait fermer pour un an de travaux. Une perte sèche. Une année blanche. Un coup fatal pour Stage, alors que le Fantôme devait courir sur deux années pleines ?

Mogador renaît de ses cendres et se débarrasse de ses fantômes

C'était sans compter sur la volonté farouche de faire vivre cette salle et avec elle le musical français de qualité. Mais avec quel spectacle pour assurer cette année de transition vers l'automne 2018 ? Certainement pas le fantôme.

Aussi, lorsque j'ai appris que Grease avait été choisi pour faire la réouverture, je me suis interrogé. Pourquoi Grease ? Cela me semblait daté. 
©Alessandro Pinna
Tout le monde connaît en effet cette amourette entre Sandy et Danny. Qui plus est popularisée au cinéma avec Olivia Newton-John et John Travolta.

Sorti le 13 septembre 1978, ce film musical aux chorégraphies et aux mélodies mythiques avait totalisé 5 329 875 entrées France, lançant pour de bon la réputation du couple révélé à l'écran.

Mais il fallait bien repartir avec quelque chose de viable. À son avantage, Grease peut s'enorgueillir d'avoir marqué l'imaginaire collectif. 

Le Musical de Jim Jacobs et Warren Casey, créé en 1971 au Kingston Mines Theatre à Chicago avant de connaître le succès à Broadway à partir de 1972, figure parmi les musicals les plus appréciés au monde.
©Alessandro Pinna
Je me suis dit que c'était un spectacle de transition pour un nouveau départ. En attendant peut-être Mary Poppins par exemple... (Je l'attends depuis tellement longtemps celui-ci !).


Le plaisir de retrouver le Mogador

Autant dire que je suis allé à l'avant première avec un certain scepticisme. Non pas sur la qualité de la troupe dont les échos laissaient transparaître l'évidente symbiose tant professionnelle qu'humaine.

Mais plutôt sur la façon dont la production allait interpréter ou réinterpréter ce qui pour moi était vu et revu. 

À mon arrivée au Mogador, et au fil de l'histoire, il ne faisait aucun doute que le pari était en passe d'être gagné.
©Alessandro Pinna 


Ce d'autant plus que, cerise sur le gâteau, la salle est désormais équipée d'écrans offrant le surtitrage en anglais. Paris se propulse résolument, année après années comme l'une des plateformes mondiale du musical. Et c'est tant mieux.


La qualité de la mise en scène et de la réécriture 

La prouesse de Stage France, est de faire revivre entièrement le show grâce à une mise en scène refondue. Grease est nouveau. Entièrement nouveau.

Et l'adaptation totalement retravaillée du livret, y est pour beaucoup. Signée Nicolas Engel, elle marie parfaitement chansons en VO et chansons en français, parfois dans la même chanson, avec des textes qui tiennent parfaitement la route. On n'est pas dans la mièvrerie ni dans le poncif daté. 

Quant à la troupe, elle a trouvé son rythme. C'est tonique, énergique et plein de gaité.  
©Alessandro Pinna

Une troupe au sommet

Car tout cela ne tiendrait pas sans le jeu époustouflant et virevoltant du casting. Chacun porte le musical sur ses épaules. Les chorégraphies sont superbement enlevées, énergiques, parfaitement rythmée par la musique live de l'orchestre. Pour une fois il n'est pas caché dans la fosse. Sa présence s'impose comme l'un des personnages  incontournables. 


©Alessandro Pinna

L'osmose entre les comédiens est parfaite. Tous sont à leur sommet. Alyzée Lalande délivre une performance très forte dans le rôle de Sandy Dumbrowski en accompagnant parfaitement l'évolution de son personnage. Alexis Loizon offre au personnage de Danny Zuko une richesse d'émotions, entre gros macho et jeune homme sensible. Les autres comédiens sont à l'unisson, dans un ensemble irréprochable. 
©Alessandro Pinna
J'ai apprécié la prestation de Céline groussard. Superbe miss Lynch, la directrice de Rydell High School. Elle rayonne en composant un personnage réussi à merveille qu'elle a exploré de part ses prestations en stand up. Je l'avais découverte sur la scène ouverte du Mokiri il y a quelques temps, puis pour son premier One Woman Show. Elle à bonifié encore son jeu. Elle forme un duo magique avec Alexandre Faitrouni, dans le rôle d'Eugène. Ils sont hilarants. De ces duos comiques qui marquent les esprits très longtemps.




Pour ma part, Sceptique au départ, j'ai été emporté au final par tout ce talent. Pari réussi donc. De toute évidence Grease s'impose comme le feel good musical de la rentrée. À ne pas manquer. 



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