Cirkopolis rassemble l'art du cirque, l'acrobatie, la danse et la poésie

Jusqu'au 29 octobre, le cirque Eloize plante ses installations au théâtre Le 13ème Art et présente Cirkopolis, un spectacle sensationnel et époustouflant, quintessence artistique de l'oeuvre de Fritz Lang : Metropolis.





Cirque Eloize ou l'art du cirque contemporain


Tout d'abord prononcez {El-Waz}, en rappel au mot du patois acadien "éloize", qui signifie "éclair de chaleur" et fait référence à l'origine acadienne des artistes de la première troupe du cirque. 

Cela fait depuis 1993 que le Cirque Eloize écume les scènes du monde entier et présente des chefs d'oeuvre qui renouvèlent l'art du cirque contemporain.

Ceux qui, comme moi, ne sont absolument pas sensibles au cirque, peut-être parce que traumatisés dès l'enfance à cause des numéros de clowns qui font peur ou des animaux fouettés en cage (et pourtant j'ai fréquenté personnellement un club SM à Berlin), se diront qu'il n'y a aucun intérêt à voir Cirkopolis. Eh bien détrompez-vous. 




Bienvenue dans un monde rétro-futuriste


Le cirque Eloize, place le cirque dans une toute autre dimension. Nous voilà projetés au sommet de l'art moderne, quintessence de la musique, de la danse, de la poésie, du théâtre et du ballet.

Pour la création de Cirkopolis, le Cirque Eloize s'est directement inspiré de l'univers futuro-apocalyptique de Metropolis de Fritz Lang. Un film pour moi qui se place au niveau du culte. Et il offre un des plus beaux hommages à cet univers.

Le premier tableau nous plonge dans l'ambiance. Il m'a fait personnellement penser à du Jacques Tati mixé au Temps Modernes de Chaplin. 

Il plante le décor de cette ville sombre et austère, sorte d'usine grandiose que les personnages vont s'employer à défier pendant une heure trente, en en révélant la poésie



Nous voilà plongés dans ce monde froid et gris


L'accueil est digne d'un Welcome To The Machine de Pink Floyd, avec une ambiance musicale parfois proche de Kraftwerk. Je suis fan.

La scénographie est impressionnante. À travers des projections vidéos hyper-réalistes, elle met en avant des décors d'usine, de bureaux, d'engrenages géants. Ajouté à la musique puissante, cela donne un résultat visuellement très oppressant.

Mais au fil des tableaux la lumière revient. La noirceur et la froideur font place à la sensibilité, à la poésie. 

La poésie tient toute la place grâce aux performances des virtuoses qui ont envahi la scène. Les numéros s'enchaînent, avec 10 artistes impressionnants. Jonglerie, trapèze, mat chinois, roue allemande et roue Cyr, planche sautoir, corde, tout ce qui fait la spécificité du cirque et de l'acrobatie, fusionne avec l'énergie créatrice et poétique qu'ils infusent à chaque tableau. 

Ils virevoltent, éblouissent par leur talent et leur agilité. 



Du cirque, de l'acrobatie oui, mais surtout du ballet.


J'avais été impressionné par le Béjart Ballet Lausanne (Le Presbytère) et là j'ai retrouvé une performance chorégraphique qui s'en rapproche, y ajoutant l'acrobatie. 


Ici, la démonstration est faite. C'est bien plus que du cirque que nous offre Eloize. Car de l'agilité et de la puissance naissent la sensibilité, la beauté et la poésie. C'est réellement une nouvelle dimension dans laquelle est emmené le spectateur.

À ne pas rater de toute évidence.



CIRKOPOLIS
Par le Cirque Eloize
Centre commercial Italie 2,
Place d'Italie - 75013 Paris
JUSQU'AU 29 OCTOBRE 2017


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