Blade Runner 2049, un digne héritier

1982. Blade Runner sort. Ridley Scott adapte Philip K.Dick (Do Androids Dream of Electric Sheeps?) et plonge la SF dystopique dans une nouvelle ère cinématographique. Vangelis place la bande son à un niveau Culte. Une révolution. On ne fera pas mieux avant longtemps. 2017 sort la suite. Blade Runner 2049. Denis Villeneuve (Premier Contact) est aux commandes. Sera-t-il au niveau ? Réponse.



©Prod DB-Sony-Warner Bros.-16:14 Entertainment-Alcon Entertainment-Scott Free Productions-Thunderbird Films-Torridon Films

35 ans d'attente


C'est comme des retrouvailles après une longue absence. Vous, vous avez changé mais pas tellement peut-être. Muri, sans doute ?

Mais lui, Blade Runner ? Comment le retrouverez-vous ? Et comment est-il maintenant ? Se rappellera-t-il de ce que vous aviez vécu ensemble à l'époque, de ce qui vous lie ?

Voilà l'appréhension. La joie sera-telle écrasée par la déception ? Elle ruinerait tous vos espoirs. 

Et le voilà enfin. Après une si longue absence.
Harrison Ford dans le 1er opus Blade Runner ©Prod DB-Ladd Co.

Blade Runner 

J'avais vu le film en 1982. Impact. Omniprésent, fort, puissant.

Ceux qui l'ont vu ont soit adhéré, soit détesté. Immédiatement. Et sans réserve.

Bien plus que Star Wars, Blade Runner m'a marqué. On peut dire qu'il a marqué ma vision du monde, ma vision de l'avenir, ma psychologie.
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J'avais été projeté dans cet univers crépusculaire, humide, froid et tragique. Dans cette sombre ambiance de fin du monde. Et cela m'avait interpellé justement sur le monde tel qu'il était envisagé dans le futur.

Pour un gamin, cela marque incontestablement. Plus tard d'autres longs métrages sont venus, Terminator, Total Recall, la découverte de Solent Green, notamment, mais la claque, c'est la première, car c'est celle qui marque à jamais.


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Il s'en est passé des choses depuis 2019

Blade Runner se déroulait en 2019. À l'époque, Rick Deckard (Harrison Ford) chassait les réplicants jusqu'à ce qu'il en tombe amoureux. Lui et Rachel doivent s'enfuir, aidés par son collègue Gaff. C'est la dernière scène.

Et après ?

On le retrouve 30 ans plus tard, en 2049. Entre temps le monde a changé. En pire.
Voici comment.
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Un an plus tard, en 2020

Le modèle de réplicant Nexus 6, créé par la Tyrell Corporation, est remplacé par un nouveau modèle mis sur le marché : le Nexus 8. Plus facilement identifiable. 

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En 2022, c'est le blackout

Le grand foutoire. Le monde s'écroule en quelques semaines à cause d'une impulsion électromagnétique qui le ramène à l'âge pré-technologique. Le chaos se répend à travers la planète. 

Blackout dans les villes, le monde déjà apocalyptique vu dans Blade Runner ne fait qu'empirer. Disparition des données électroniques, rareté de la nourriture naturelle, famines généralisées, pollution destructrice, crack financier.


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On en ignore l'origine mais j'ai pensé à une immense éruption solaire, ce qui nous pend au nez un peut tous les jours.

Pour les humains, un seul responsable : les réplicants

Leur production est alors prohibée en 2023. On retire alors ceux d'avant 2022. Beaucoup se cachent pour éviter la mort.
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Nourrir ou mourir

En 2025 vient le "sauveur". C'est Niander Wallace (interprété par Jared Leto qui pour moi n'est absolument pas à son top), scientifique et créateur de Wallace Corporation.

Il impose une alimentation génétiquement modifiée qui permet de sauver le monde de la famine. Sa renommée vient du partage gratuit de ses brevets, permettant à la population de subsister, dans un monde de moins en moins sain.
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A partir de 2028, il rachète la Tyrell Corporation et se lance dans la recherche sur de nouveaux réplicants.

Il réussit à faire autoriser à partir de 2036 la fabrication et la vente de nouveaux modèles de réplicants : les Nexus 9.

En 2040, l'unité de Blade Runner est renforcée à Los Angeles, pour traquer les modèles défectueux et les anciens qui ont réussi à s'échapper. Voilà pour la dystopie.

Nous sommes en 2049

Et nous suivons alors l'agent K. C'est Ryan Gosling. Il campe un Blade Runner désabusé. Son jeu est sobre, à la limite de l'introversion. Presque sans espoir. Jusqu'au moment ou, au cours d'une de ses enquêtes, son monde va s'écrouler.

La quête qui lui tombe dessus par hasard va le bouleverser. Bouleverser sa vie. Bouleverser ses convictions. Bouleverser tout ce qu'il croyait jusqu'à présent. Jusqu'à son identité.
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2h43 de grand spectacle

Au rythme de Blade Runner, ce pourrait être une éternité. Il est en effet copié sur l'original. Denis Villeneuve a repris ce qui collait aux gènes du premier opus. La lenteur.

Lorsqu'on voit Blade Runner, et que l'on découvre la suite, on sait plus ou moins à quoi s'attendre. Or beaucoup à la sortie semblaient déçus justement par cette lenteur, ces longueurs. Hormis quelques scènes un peu longues, mais justifiées par le récit et la quête de notre héros, je n'ai pas vu passer le temps.

C'est très contemplatif. L'attitude de l'agent K y est pour beaucoup. Dans ce parcours initiatique il va remonter aux sources de son être et de sa genèse.
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Dans cette histoire, la musique est omniprésente. Entêtante. La thématique impulsée par Vangelis est reprise, à la base par Johann Johannsson et sublimée par Benjamin Wallfisch et Hans Zimmer. Cela donne de longues séquences musicales puissantes et oppressantes, qui n'ont pas à rougir du premier volet.

Une réussite visuelle

Prouesse technique, le premier volet avait mis la barre haut. Il a servi de référence tout au long de la genèse de cette suite.

Difficile d'être déçu, au contraire. Effets visuels, décors, on est constamment en immersion totale dans cet univers futuriste apocalyptique.

On l'agrandit même en s'affranchissant de l'oppression de la ville et en dépassant de nouvelles frontières. Elles l'enrichissent et donne une identité plus forte à ce deuxième opus.
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Des faiblesses ?

La scène du début, trop proche d'un Inglorious Bastard. La rencontre avec Rick Deckard, aussi rocambolesque qu'elle soit (c'est peut-être critiquable et pour moi une faiblesse), vient parachever sa quête. Pour amener le personnage à se remettre à nouveau en questions, et cette fois, sans obtenir de réponse. 

Car, au final pour notre héros, on n'a pas de réponse. À son image, on s'abandonne comme on abandonne. Le voilà encore plus démuni qu'au début.


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En conclusion, que dire ?

Pendant 2h43, Blade Runner 2049 m'a rajeunit de 35 ans. Seul hic, les mystères du premier volet sont révélés. Une partie de ma jeunesse et de mes rêves de gosse ont disparu.
Mais on a là un digne héritier.

Un chef d'oeuvre qui propulse Gosling dans une nouvelle dimension. Vers l'Oscar ?


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Ah, au fait, le monsieur de chez Peugeot a quelque chose à vous dire : "En 2049, les Peugeot voleront aussi... et seront plus solides...".




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