Le Tétris, ce n'est pas ce que vous croyez

Le Havre fête cette année ses 500 ans et, à cette occasion, est devenu un vrai musée d'art contemporain à ciel ouvert. Plasticiens, designers, graphistes, metteurs en scène, romanciers, se succèdent jusqu'au 8 octobre pour livrer leur regard sur les 500 ans d'histoire de cette ville unique. 

Non, ce n'est pas une oeuvre de Richard Container


Bienvenue dans UN ETE AU HAVRE


J'aurais beaucoup de choses à raconter sur cette vielle ville et l'évènement culturel qui fait l'actualité cette année.

Son architecture communiste flamboyante, son port industriel au coeur de la cité, son église Saint Joseph, immense oeuvre de béton. Sans parler de ses alentours, notamment les Jardins suspendus situés dans l'ancien fort de Sainte Adresse.


Attardons nous sur un lieu atypique : le Tétris


Cette fois-ci, je me suis arrêté sur un autre endroit hors du commun. Encore un ancien fort, celui de Tourneville, déserté depuis les années 80.

Racheté par la ville, le fort est aujourd'hui devenu un lieu de vie culturelle, dans un esprit berlinois, comme je les aime.

On y trouve notamment le Tetris, une salle de concert qui vaut le détour.

Elle propose jusqu'au 3 septembre une expo intitulée SMART FACTORY.

A endroit unique, expo unique qui dévoile toute une réflexion artistique autour de l'art numérique et de son rapport à l'humain... sans humain.

7 oeuvres sont exposées et posent, chacune à sa manière, des questions existentielles :
L'artiste est-il remplaçable par les machines ? L'acte de création peut-il être traduit en algorithme ? La machine peut-elle dépasser l'homme et créer une oeuvre sensible ? 

Vous avez 4 heures.

En fait, non, vous pouvez y passer juste une quarantaine de minutes.

Mais le voyage vaut le détour. On commence par une fresque murale géante signée So Kanno, artiste japonais. Semi-senseless drawing machine. Des robots autonomes s'activent en permanence en réagissant en fonction de leur environnement. Le passage des spectateurs, les interactions avec eux leur donnent vie et dessinent une fresque murale. Qui ne ressemble pas à grand chose pour le moment...



On poursuit avec Brass, signée Kris Verdonck. L'artiste a imaginé un orchestre fantôme composé de 3 sousaphones flottant dans l'espace. L'humain disparaît, le son reste. C'est sûr que dans l'espace on ne vous entendra pas crier. Ici oui. (Au passage, aucun rapport en un sousaphone et Linda de Sousa).


Capture est une expérience signée Gregory Chatonsky. Un oeuvre qui s'auto-génère en production permanente de vidéos, de musique, de textes, puisés sur la toile et réarrangés, évoquant une production culturelle autonome. Sa richesse rend cette oeuvre troublante.


Ada, de Karine Smilla-Bobinski est pour moi le clou du spectacle. Cette oeuvre participative joue sur l'interactivité avec le visiteur. Hérissée de fusains, la sphère flottante impose son dessin au gré des impulsions générées par les visiteurs. Superbe. De quoi retomber en enfance et rêver d'avoir une pièce dédiée à ce jeu chez soi...




Etude humaine, signé Patrick Tresset laisse au robot la main du dessinateur. Transformé en modèle, le visiteur se voit croqué par l'installation de 3 robots artistes. L'humain devenu object d'étude d'un robot. L'inversion des valeurs, en somme.





As We Are Blind, est une installation interactive imaginée par Véronique Beland. Posez votre main sur le pupitre et arrêtez de faire le pitre. Vous allez voir que votre Aura vaut le détour et sème quelques notes sur le piano. Ca vaut bien une photo.

















Public painting machine achève la visite. Conçue par Niklas Roy, elle vous permet de tremper votre pinceau et de vous prendre pour un artiste, à condition de laisser la main aux poulies et autres mécanismes que vous croyez contrôler. Oeuvre collective, elle montre qu'on peut arriver à faire quelque choses grâce au collaboratif. Comme par exemple des tâches ou du paintball.




Ca vous a plu ?

Eh bien vous avez jusqu'au 8 octobre. Mais profitez du fort pour boire une bière et visiter les autres expos. (L'association des trains en modèle réduit vaut le détour, comme la machine à jouer au golf...).



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