Cosmos 1999. Avec l'eau du Bain...

Honneur aux femmes dans le grenier de LACN. Aujourd’hui on vous fait découvrir l’intimité poussiéreuse d’une grande figure de l’histoire de la télévision, d’une actrice exceptionnelle que vous n’avez pas oubliée. Barbara Bain, idole de Cosmos 1999.

LACN vous ouvre les portes du grenier et vous fait découvrir Barbara Bain, égérie de Cosmos 1999


Bienvenue au grenier de LACN


Que les allergiques aux acariens sortent leur Ventoline, car nous allons faire un voyage dans le temps.

Et quand je dis dans le temps, ce n’est pas à la légère. On pourra même me taxer d’Indiana Jones du tube cathodique car question acariens, ce que vous allez découvrir ici vaut le détour. 

Oui ! Dans la série des découvertes archéologiques, je vous invite à découvrir ci-dessous, tout droit sortie de son sarcophage, toutes bandelettes dehors, roulement de tambour ; l’immense Barbara Bain !!!


À la rencontre de Barbara Bain

Tu viens, on prend un bain… 

Mais non, chérie, pas un Bain, s’il te plaît ! 
Si, ça me fait trop rêver ! 
Eh oui, l’énorme Barbara Bain, quand même ! 
Non ? Ça ne vous dit rien ? 
Bon, ça sent le bide…
Bref.

Oui, de toute évidence, Barbara Bain, cela ne parle à personne. 

Et pourtant, je suis sûr que vous la connaissez tous, et qu’elle imprègne même votre subconscient ! 

Pour preuve, ce dialogue mémorable que LACN a retrouvé pour vous au fond de son grenier, et qui est resté célèbre dans toute l’histoire de la télévision. 

Alors là, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas ! Tellement fameux d’ailleurs, qu’il sert même de référence depuis plus de 30 ans dans toutes les écoles de cinéma de la planète, en particulier à UCLA. 

Tellement merveilleux qu’il a même fait naître des vocations entières de dialoguistes renommés. 


Protagoniste du plus grand dialogue de tous les temps

Alors après, si vous n’avez toujours pas trouvé, je veux bien me couper un membre, euh, une main. Attention, public, ci-dessous, un indice s’affiche sur votre écran :

Helena : « John ! » 

John : « Helena ? » 

Helena : « John ?? » 

John : « Helena ??? » 

Helena : « Jooohn !!! » 

John : « Helenaaa !!! » 

Helena : « Joohnnn ????! » 

John : « Helenaaa ???!!! » 

Helena : « Aah, John !!! » 

John : « Ooh, Helenaaaa !!! »


Edifiant. 
Beau. 
Glabre. 
Doux et racé. 
Somptueux et déroutant à la fois.
Sophistiqué.
Bref, en un mot magnifique. 

Et encore ce n’est qu’un extrait. 


LACN-Martin-Landau-Barbara-Bain-cosmos-1999

Vous n’avez pas eu la totalité de la scène, qui, ma fois, s’achève de manière plus que romancée. Maintenant je suis sûr que vous avez tous trouvé de qui il s’agit, c’est tellement facile.


L'égérie de Cosmos 1999

Mais, oui ! Barbara Bain, tout de même ! Elle n’est rien d’autre que le docteur Helena Russel que l’on peut croiser dans le péplum interstellaire Cosmos 1999. Vous l’aviez deviné, forcément ! C’est trop facile !

Ben oui. 

Souvenez-vous, Cosmos 1999 : cette série en pyjama pattes d’éléphant ! 

C’est même l’emblème des années 70, et Barbara Bain y est fortement associée. 

Elle y apparaît aux côtés de son ‘’John’’, le légendaire acteur Martin Landau qui deviendra son mari suite à ces dialogues torrides. 

Comme quoi, pour emballer, point n’est besoin de réciter Shakespeare dans le texte…


Tout savoir sur Barbara Bain

Alors, sérieusement, vous croyez tout savoir sur Barbara Bain

Eh bien non, car ce n’est pas tout ! Ce serait un laxisme crasse de s’arrêter là, alors pour votre culture, LACN va entrer en profondeur dans la mythologie de cette actrice devenue culte.

Pour tout dire, Barbara Bain n’est pas son vrai nom. 

Vous me direz, il faut être une quiche pour porter un nom de scène pareil. Et pourtant, question nom de scène, Barbara partait tout de même avec un handicap car son vrai nom à la ville était presque celui d’une actrice de film X.

Oui, vous ne me croyez pas, mais c’est vrai ! Rendez-vous compte ; elle est née Micillent Fogel… 


LACN-barbara bain dans les bras de martin landau dans cosmos 1999

Gageons toutefois qu’elle aurait rencontré davantage de succès sous son vrai nom. 

On imagine ainsi qu’elle aurait pu tourner aux côtés de Carmen Electra dans Alerte à Malibu et faire une carrière exemplaire. 

Ou bien se retrouver dans un rade de Las Vegas… comment dire, je vois déjà la plaquette de présentation : 
« Massages relaxants dans un cadre intime et chaleureux pour un moment de détente suprême. Anti-stress par excellence, les mains chaudes et rassurantes de Millicent, notre masseuse experte, feront vibrer votre corps sur un fond de musique tantrique. Abandonnez-vous, oubliez tout et laissez-vous envahir par cette énergie douce et sensuelle. Détente et plaisir garantis ! » 

Woah, ça laisse rêveur. 

En revanche, Millicent, ça le fait moins. 

Du coup, normal pour elle de changer de nom. Après mûre réflexion, et plusieurs essais infructueux, elle s’appellera donc Barbara Bain, en référence à son centre de massage de Las Vegas.


Barbara Bain, ou presque

Barbara Bain, puisqu’il faut l’appeler ainsi, n’est pas née de la dernière pluie ni de la dernière goutte. 

Elle est plutôt née le 13 septembre 1932, sa mère ayant mis bas dans une voiture qui l’emmenait à l’hôpital de Chicago. C’est ainsi que sa vie sera placée sous le signe du voyage.

Petite, elle est déjà très ouverte et extravertie. Plutôt que de vivre aux crochets de sa mère alcoolique, elle participe dès l’age de 3 ans à des radios crochets et des concours de miss. 

D’abord Miss Chocolat, elle défile en arborant une robe en chocolat. Son premier succès. Puis Miss Tagada, le corps enduit de fraises Tagada. C’est la consécration. 

Hélas, après les défilés, on lui demande aussi de faire Tagada-tsoin-tsoin. Il faut bien s’adapter et faire son trou. Elle est même à l’origine de la chanson de Carlos « Tireli pimpon sur le chiwawa, tireli pimpon un coup en haut, un coup en bas… ». Magnifique.


Carrière sur fond de crise

Mais ce n’est pas tant l’attrait de la scène que le spectre de la crise de 1929 qui la pousse à s’exhiber ainsi. 

La vie est dure et, comme ses voisins, elle doit également travailler 28 heures par jour dans une usine d’aluminium enrichi, le tout pour 20 cents par mois, rentrer tard le soir, dormir 4 heures par nuit dans une boite à chaussures avec ses huit frères et sœurs le tout en alternance avec des relèves toutes les deux heures pour puiser l’eau au puit en cassant la glace avec ses dents, ne manger que deux repas par semaine, être systématiquement battue par son père névrosé et infidèle qui l’oblige à se réveiller en pleine nuit pour ramper et lécher le macadam de la route pour 5 cents de plus par trimestre. 

Vraiment, les temps sont durs à l’époque, les jeunes Millennials ne peuvent s’imaginer. 

Et surtout, surtout, le Mac Muffin n’existe pas encore. Oui, on peut dire que tout cela forge le caractère.


L'ascenseur social de Barbara Bain

Barbara retiendra de cette période, outre une langue rappeuse, un incontestable désir d’élévation sociale qui lui fera soulever bien des montagnes. 

A l’age ou beaucoup jouent encore aux Playmobil (à l’époque le plastique n’existait pas et n’était pas fantastique, alors forcément, les playmobil étaient en bois. Et d’ailleurs à ce propos, ils étaient sculptés à la canine par des octodons chiliens en cage), elle commence ses études de sociologie et de philosophie.

A force d’abnégation, elle obtiendra son diplôme de sociologie de l’université de l’Illinois en 1950 (après 13 ans d’études si mes calculs sont bons). 


barbara bain - LACN

L’avenir semble radieux et tout tracé, mais au lieu de vivre pépère dans un meublé à Chicago avec un mari infidèle et ivrogne (comme le sont tous les hommes pense-t-elle), elle rêve de grands espaces, de contrées sauvages, de chevauchées fantastiques, bref, elle part à New-York pour dit-elle "conquir le monde".


Let's dance

C’est là qu’elle deviendra danseuse sous la houlette de l’illustre Martha Graham. Elle s’installe en colocation dans un studio miteux sans eau courante ni tout à l’égout. Il n’y a même pas de chauffage pendant les hivers rigoureux. 

Mais peu à peu elle s’ennuie et décide de prendre un temps partiel dans une agence de mannequin. 

C’est là qu’elle connaît le succès et sa carrière de modèle explose immédiatement, grâce en partie à ses yeux d’un vert pur et son regard de merlan frit transi d’amour.


Coup de foudre à Broadway

Maintenant, elle a tout pour être heureuse et pourtant, son rêve de voyage n’est toujours pas assouvi. On lui suggère alors de faire du théâtre ; elle prend des cours avec Lee Strasberg à l’Actors Studio, et c’est là qu’elle va rencontrer Martin Landau. C’est l’acte II… cela pourrai s’intituler ‘’sous l’aile protectrice de Martin’’ (C’est mon côté poète…trouver de belles phrases…)


LACN - martin landau et barbara bain idylle sur un pateau

Leur rencontre est un coup de foudre à Broadway : ils se marient en 1957 et décident de partir s’installer à Beverley Hills, histoire de changer de monde. 

Car là-bas disent-ils, le cinéma les attend, enfin… surtout lui, car Barbara est obligée de prendre deux congés maternité en 1960 pour la naissance de Susan Meredith et en 1965 pour celle de Juliet Rose

Sa carrière éclate réellement à partir de 1965. Elle apparaît alors de 65 à 68 aux côté de son mari Martin dans la série culte ‘’Mission : Impossible’’, créée par Bruce Geller

Sa performance d’actrice lui vaut de remporter l’Emmy Award de la meilleure actrice trois années consécutives, un record encore inégalé.

Elle joue encore aux côtés de son doux mari en 1973 dans ‘’Savage’’ de Steven Spielberg, avant de s’envoler en famille pour Londres sur le tournage de ‘’Cosmos 1999’’, série créée par Gerry et Sylvia Anderson

Un voyage de plus… la voilà comblée. C’est un moment charnière dans sa vie : elle sera désormais le docteur Helena Russel

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Storytelling spatial

Helena Russel, oui, forcément, cela vous dit quelque chose ! Pour ceux qui auraient des problèmes de mémoire, voici un bref rappel de son pédigrée. 

Helena, 41 ans, née en 1957 et issue d’une lignée de médecins de pères en filles. Son père, décédé trop tôt d’un infarctus, était un éminent médecin cancérologue et juste avant son trépas, a eu le temps de lui transmettre sa passion.

On se souvient de ce moment tragique qui d’ailleurs, a été coupé au montage dans l’épisode pilote. 


Le père est allongé, à l’article de la mort et soudain il agrippe fermement le bras d’Helena, qui se tient proche de lui. « Ma fille, arghhh… » Mais c’est trop tard. On ne connaitra jamais la suite. 

Enfin, si, puisqu’il meurt et lui transmet sa passion de la médecine. Bref, aucun intérêt. Finalement ce n’est pas bête d’avoir coupé cette scène au montage…

Quoiqu’il en soit, Helena cherche à être digne de sa mémoire. 


Voilà pourquoi elle décide en septembre 1998 de venir travailler sur la base lunaire Alpha en tant que chef de laboratoire médical. 

Bon évidemment, lorsque les scénaristes ont créé cette série, ils imaginaient qu’en septembre 1998, l’homme aurait déjà colonisé la lune pour s’envoler par la suite dans l’univers. Il fallait être drôlement optimiste. 

Au lieu de cela, la France a gagné la coupe du monde de football en 98, voilà ce qu’est devenu le grand bond utopique en avant de l’humanité. Pas bien folichon, tout ça.

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Lost in space

Mais revenons à Héléna. Son arrivée sur la base lunaire Alpha (Alpha car c’est la première, ah, ah… il fallait y penser !) coïncide avec un évènement qui l’a laissé traumatisée. 

C’est non seulement pour elle une question de vocation mais également une revanche sur le mauvais sort ; la disparition de son mari Lee dans des circonstances mystérieuses au cours de la mission Astro 7 (Ne me demandez pas ce qu’est cette mission Astro 7. Un truc spatial, sans doute.)

Du coup, Helena vit son arrivée sur Alpha comme un retrait émotionnel par rapport au monde et aux souvenirs qui l’entourent. Une façon de couper le cordon. Et question coupage de cordon, il va en être grandement question par la suite.

Helena va alors se donner à fond dans la tâche qui lui incombe et qui lui décombe. 


A fortiori, elle est très sévère avec elle même et n’accepte aucun impair. De ce fait elle va s’attirer l’estime de tout le personnel de la base et, progressivement au cours de la série, s’ouvrir et se confier de plus en plus. 

Il faut dire que le personnel de la base n’a pas trop le choix puisqu’il vit reclus sur la lune depuis qu’un laborantin stupide, d’origine nord coréenne, prénommé Kim Jong Hill, a déclenché une explosion nucléaire en jouant à l’apprenti sorcier et dévié la lune de son orbite terrestre. Pas de bol.

Loft asteroïde

950 personnes recluses 24 heures sur 24 sur une base lunaire, sans aucune activité autre que l’ennui, cela ne vous rappèle rien ?

Eh oui, vous avez sous les yeux le premier script de Loft Story qui sera repris mot pour mot 30 ans plus tard. 


Seule différence à l’époque : on pensait qu’à l’aube de l’an 2000 l’homme habiterait sur la lune, volerait à la découverte humaniste de l’univers comme dans Star Trek sur un fond musical suraigu. 

Au lieu de cela, il joue au football, boit de la Bud en mangeant des bretzels devant son écran et s’amuse à envoyer des bombes sur des enfants souffrant de famine en priant Dieu tous les dimanche devant des télé évangélistes.

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Oups…c’est vrai qu’au tout début de l’activité de la base lunaire, à part s’ennuyer et jouer avec des vaisseaux spatiaux en tôle ondulée, on ne faisait pas grand chose sur Alpha. 


Jamais sans répit

Heureusement le propriétaire a eu très rapidement le sens du spectacle et s’est amusé petit à petit à corser l’action et ajouter du piment :
  1. Des vaisseaux spatiaux qui tombaient en panne et qu’il fallait réparer : Il y en avait 5 au total ; Aigle 1, Aigle 2, Aigle 3, Aigle 4 et Aigle Noir pour le commandant Koenig, le Chef (L’arrivée de l’aigle noir a d’ailleurs été l’objet d’une chanson de Barbara que les concepteurs ont failli mettre au générique jusqu’à ce qu’ils l’adaptent en anglais et changent d’avis, on ignore encore pourquoi). Mais tous ces appareils ne pouvaient pas décoller tous en même temps pour des raisons techniques obscures. On entendra d’ailleurs à plusieurs reprises au cours de la série cette alerte récurrente : « Par suite d’un mouvement d’une certaine catégorie de personnel, le décollage des aigles ne peut être assuré. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée. » Ce qui énerve particulièrement le commandant Koenig.
  2. Des invités surprises : attaques d’aliens belliqueux, souvent dégoulinants et libidineux, ou arrivées impromptues d’araignées géantes (une spécialité maison).
  3. Des énigmes à résoudre : présence de phénomènes étranges à expliquer comme des nuages gazeux avec un gaz inconnu incolore, inodore et non gazeux, des nuages radioactifs, du courant sans électricité, ou des trous noirs (une spécialité maison).
  4. Des jeux : des métamorphoses pour deviner qui c’est, des retours à l’état sauvage pour deviner qui c’est, des explorations des catacombes lunaires (une spécialité maison).

Bref, les moyens étaient nettement plus importants que sur M6. 


Evidemment on comprend pourquoi la série a duré aussi longtemps et les audiences ont suivi. 

Et puis, au fil des saisons de ‘’Cosmos Story 1999’’ les couples se sont formé…c’est ainsi qu’Helena tombera éperdument amoureuse du commandant Koenig et vice versa. Ils s’embrasseront même à plusieurs reprises ouvertement devant les 36 caméras. La scène de la piscine et du baiser avec la langue sera en revanche coupée au montage… Bref, de l’action, du suspense et de l’amour dans ce loft Story ancestral.

Fermeture du loft

Après la fin de l’émission, chacun des participants a repris son petit bonhomme de chemin. Helena est redevenu Barbara, John est redevenu Martin, ils sont resté encore longtemps ensemble, à élever leur progéniture. 

Mais toute histoire a une fin et leur idylle s’est hélas terminée en 1997, date de leur divorce, au grand dam de millions de téléspectateurs. 

Son ex-mari Martin est décédé en 2017. Aujourd’hui, Barbara a stoppé sa carrière au théâtre, et continue à doses homéopathiques de s’occuper de sa fondation pour les enfants maltraités. Il faut dire qu’il y a pas mal de travail dans ce domaine.

Voilà ainsi s’achève notre périple dans le petit monde du cosmos 1999. Pfff, j’ai fait long, la prochaine fois, on coupera au montage…

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