LACN n°25 mars-avril 2008 : Panoramic sur le box office français

Le cinéma français est-il en voie d’extinction ? C’est la réflexion que l’on aurait pu avoir si l’on avait pu lire en entier le discours de Matthieu Amalric et si la censure n’avait pas opéré samedi dernier pendant la cérémonie des Césars...


Etat critique


Quoi qu’il en soit, le mourant a encore quelques ressources si l’on en croit son succès à l’exportation et les prix grappillés de ci de là par nos représentants. 

Mais est-ce suffisant ?

Loin des mondanités et des séances d’autocongratulation, l’actualité de ce début d’année retiendra la sortie du film dont on ne cesse d’entendre parler depuis plus d’un an. 

C’est dire s’il est attendu avec fébrilité, du moins, pour ceux qui ont l’intention d’aller le voir.

On prédisait ainsi à ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES un record, on entendait dire qu’il atomiserait le résultat de son prédécesseur. 

Il faudra attendre pour cela la fin de sa carrière, mais l’on peut déjà se laisser aller à quelques pronostics, tant le bouche à oreille, qui devrait plutôt porter le film vers les nues, semble aujourd’hui frileux à son égard.

Avec en première semaine un score de 3 007 811 entrées, le propulsant directement à la 6ème place du classement des meilleurs démarrages hebdomadaires, ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES est déjà à plus de 600 000 entrées derrière son prédécesseur ASTERIX : MISSION CLEOPATRE, qui avait réalisé 3 685 095 entrées et avait ensuite poursuivi sur sa lancée pour atteindre la barre des 14 millions d’entrées.

Il faut croire que son budget, pourtant pharaonique (74 millions d’€uros) n’est pas suffisant pour permettre d’atteindre cet objectif. 

Avouons tout haut qu’une grande partie a été directement affectée au cachet des innombrables stars au lieu d’être investi dans l’écriture d’un scénario… 

Nous prévoyons donc un niveau d’entrées autour du résultat du premier volet, ASTERIX CONTRE CESAR soit plus ou moins 8 millions d’entrées (l’épisode 1 était arrivé à 8,9 millions de spectateurs). 

C’est tout de même une bonne façon de démarrer l’année, quantitativement parlant…

Les bonnes surprises sont ailleurs 

Pourtant la qualité ne manque pas en ce début d’année. 

Du côté des films qui fonctionnent, notons tout d’abord INTO THE WILD qui cumule 1 163 000 entrées, SWEENEY TODD qui dépasse le million, NO COUNTRY FOR OLD MEN (797 000 entrées), de la révélation JUNO (519 000 entrées) et bien sûr du dernier Klapisch : PARIS et ses 778 000 entrées en première semaine.

Notons également que d’autres films plus grand public se sont fait remarquer, comme ENFIN VEUVE d’Isabelle Mergault (2 047 000) qui prouve son statut de réalisatrice bankable en province, ou BENJAMIN GATES ET LE LIVRE DES SECRETS qui fait un score étonnant de 1 351 000 entrées.


Baisse de fréquentation

En ce qui concerne le cumul de la fréquentation pour le mois de janvier 2008, nous régressons légèrement par rapport à la même période de 2007 avec -2,9% pour un cumul à 14,8 millions d’entrées. 

Une fréquentation qui devrait s’améliorer avec l’effet ASTERIX et l’attendu BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS.

PDM en berne

L’offre de films français en janvier ayant été faible, la part de marché du cinéma français par rapport au cinéma américain a ouvert l’année avec un certain retard. Sur ce premier mois, elle est tombée à 39,4% versus 51,5% en 2007. 

Quant à la part de marché du cinéma américain, elle démarre en trombe avec 45,9% versus 40,4% pour janvier 2007. 

Rendez-vous au prochain numéro pour affiner ces résultats et compléter l’analyse de l’effet ASTERIX ou la mort programmée du cinéma qualitatif français.

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