LACN n°24 janvier-février 2008 : Panoramic sur le box office français

Avec les fêtes de Noël et la Saint Sylvestre, vient le moment du tirage du Grand Bilan de l’année cinéma. Un bilan très attendu comme toujours.


Résultats poussif des films français


Comme nous pouvions déjà le pressentir à partir de la rentrée cinéma du mois de septembre, le manque de grands succès commerciaux français pouvait laisser augurer pour le box-office hexagonal d’une fin d’année plutôt en retrait par rapport aux années précédentes. 

Ce fut hélas le cas. Mais il faut toutefois tempérer quelque peu les choses. 2006 était en effet la meilleure année pour les films français depuis 22 ans. 

Quant au box-office, il plaçait la barre des entrées à 192 millions d’entrées. C’est dire si l’objectif était relativement difficile à atteindre dès le départ.


Dans le rétro

Pourtant, après un démarrage assez poussif (et surtout une forte chute des entrées en avril et mai), la fréquentation s’était redressée à partir de juin et jusqu’en août 2007 où nous nous étions pris à rêver, lorsque les chiffres du box-office laissaient présager une hausse sensible de la fréquentation par rapport à l’an dernier. 

Mais voilà, depuis septembre et la rentrée sociale, c’est l’hémorragie. 

Les Français n’osent plus sortir au cinéma, de peur d’être pris en otage. Les fréquentations parlent d’elles-mêmes : -2,4% en septembre, -14,3% en octobre et -21,6% en novembre. Notons par exemple que la semaine 46 (du 14 au 20 novembre 2007) a été la plus faible jamais enregistrée de toutes les semaines 46 comptabilisées jusqu’alors.

Ce qui était rattrapable un temps, fait figure quasiment de mission impossible. 

Car l’offre manque essentiellement d’un blockbuster de fin d’année, même si une multitude de sorties de films dits familiaux (BEE MOVIE, LE RENARD ET L’ENFANT, A LA CROISEE DES MONDES, IL ETAIT UNE FOIS…) tente avec peine de compenser ce manque. 

Il manque surtout le traditionnel blockbuster à la française, dans le genre d’AMELIE POULAIN, d’ASTERIX ET CLEOPÂTRE ou pire, des BRONZES 3. 

Seule LA MÔME, avec ses 5,1 millions d’entrées a pu faire croire un temps qu’elle allait endosser les habits de super-héros. 

Mais pas du tout. Et ce ne sont pas les échecs de SA MAJESTE MINOR, L’AUBERGE ROUGE, BIG CITY, LA CLEF, TOUS A L’OUEST, COW BOY, LA FRANCE, FAUT QUE CA DANSE, L’ENNEMI INTIME, ou les résultats décevants DU DEUXIEME SOUFFLE, DU DERNIER GANG ou d’HELLPHONE sur qui les prévisionnistes avaient parié, qui vont redorer le blason du cinéma français. 

Seuls TAXI 4 ou LE CŒUR DES HOMMES 2 surfent sur la vague de leurs précédents volets et remplissent malgré tout leur contrat. 

Derrière, même des films attendus comme LIONS ET AGNEAUX, DANS LA VALLEE D’ELAH, LES PROMESSES DE L’OMBRE, LA LEGENDE DE BEOWULF ou LES DEUX MONDES, restent en retrait. 

Les bonnes surprises sont à trouver DE L’AUTRE COTE où l’on voit LA VIE DES AUTRES et où l’on trouve LA GRAINE ET LE MULET. 

Fréquentation en berne

En ce qui concerne le cumul de la fréquentation, pour les 11 premiers mois de 2007, elle régresse donc par rapport à la même période en 2006 avec -4,7%. 

Sur les 12 derniers mois écoulés, les entrées dans les salles sont estimées à 181,1 millions, ce qui constitue une diminution de 5,7 % par rapport aux 12 mois précédents (192 millions).


PDM rase moquette

La part de marché du cinéma français se maintient à un niveau toujours aussi bas. Sur les 11 premiers mois de 2007, elle est tombée à 36,7% versus 43,9% en 2006. 

De son côté, la part de marché du cinéma américain réalise un sans faute, avec 50,1% versus 44,9% sur les 11 premiers mois de 2006.

Gageons que le réveil de la franchise ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES sonnera le début officiel de l’année cinématographique 2008.

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