LACN n°17 mai-juin 2006 : Clap sur Cannes

Enfin, nous y voilà !  L’évènement annuel va pouvoir débuter : la grand messe du Cinéma ! Il faut avouer que cela nous manquait, deux mois passés sans pince fesses, sans robe de soirée ni Botox, sans pouvoir essuyer ses escarpins sur un tapis rouge.



Mais heureusement, on a inventé Cannes ! 

Ses cérémonies palpitantes, ses grands moments d’émotion, ses discours enflammés, ses acteurs étrangers qui s’essayent au français « désole, je pale mal le France »… 

Allons donc à Cannes pour cette 59ème cérémonie. 

On se dit alors pourquoi ne sommes nous pas déjà à la 60ème ? C’est triste, mais c’est comme çà, on y peut rien.

Bataille d'égos

Du coup Vincent Cassel peut légitimement se poser plein de questions. « Pourquoi m’a-t-on choisi pour la 59ème et pas plutôt pour la 60ème ? Qui sera choisi pour la 60ème ? J’aurai tellement voulu que ce soit moi… ». 

Comme quoi, il est relativement aisé de froisser l’ego d’un intermittent du spectacle… 

Et c’est encore pire pour un président du jury ! 

Wong Kar-Wai, que nous avons réussi à joindre au téléphone dès l’annonce de sa sélection à la présidence du jury, ne cachait pas son malaise, à l’instar de Vincent Cassel.

Mais ne gâchons pas notre plaisir

Vincent sera bien là, en maître de cérémonie. Il animera l’ouverture et la clôture du festival, s’il vous plaît, et il succède à l’actrice française Cécile de Belgique, aka « l’actrice belge Cécile de France »… lourde tâche… (pour Vincent Cassel, NDLR). 

Vincent peut plutôt se dire « qui succèdera à moi l’an prochain ». La pression sera sur les épaules de son successeur.

Scoop ! Ce sera une successeuse puisque nous serons une année impaire.

Trèves de discours, passons aux choses sérieuses. Nous serons tous à Cannes du 17 au 28 mai prochain. Le jury tout d’abord, les seuls qui travaillent réellement pendant toute la quinzaine… Ou presque.

Jury de me voir si belle

Présidé par l’immense Wong Kar-Wai, on retrouvera Monica Bellucci, Helena Bonham Carter, Samuel L. Jackson, Patrice Lecomte, la scénariste et réalisatrice argentine Lucrecia Martel (originaire de Salta et à qui l’on doit « la nina Santa » en 2004), Tim Roth, l’acteur et réalisateur palestinien Elia Suleiman (à qui l’on doit « intervention divine ») et l’actrice Zhang Ziyi.

Cela fait déjà une bien belle brochette de stars.

Le jury de la Cinéfondation et des courts métrages sera présidé quant à lui par le réalisateur russe Andreï Konchalovsky (« Maria’s lover » en 1984 et « Tango et Cash » en 1989).

A ses côtés on retrouvera Sandrine Bonnaire,  Daniel Brühl (vu dans « Goodbye Lenin » et dans « the Edukators », sans parler de « joyeux noël »), ainsi que le réalisateur malien Souleymane Cissé (à qui l’on doit « Waati » en 1995) et le compositeur polonais Zbigniew Preisner.


Coup d'envoi

Présenté hors compétition en ouverture « Da Vinci code » donnera le coup d’envoi de la quinzaine. Adapté du Best Seller controversé de Dan Brown, le film de Ron Howard emmené par Tom Hanks et Audrey Tautou risuqe de faire pas mla parler de lui.

Egalement hors compétition, « Transylvania » de Tony Gatlif clôturera le festival.

La compétition promet d’être très serrée cette année, avec une brochette de grands noms. 

Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzales Inarritu (découvert en 2000 avec « Amours chiennes » et par la suite « 21 grams ») présentera « Babel » avec Cate Blanchet.

Pedro Costa (« Ossos » en 1998) présentera « Juventude em marcha » (en avant jeunesse). Richard Linklater (réalisateur de l’excellent « Rock Academy » en 2004) présentera « Fast food nation ». 

On remarquera le retour sur la croisette de Bruno Dumont, le réalisateur de « l’humanité » et de « la vie de Jésus ». 

Il viendra présenter « Flandres » son dernier long métrage.

Rachid Bouchareb (« Little Senegal » en 2001) présentera « Indigènes » tandis que Lucas Belvaux (réalisateur de la trilogie « un couple épatant », « Cavale » et « Après la vie » en 2003) nous gratifiera du très attendu « la raison du plus faible », sans oublier Paolo Sorentino et son « l’amico di famiglia ».

Pole position

Parmi les plus attendus figurent dans la liste tout d’abord Nanni Moretti, le réalisateur italien palmé déjà à Cannes en 2001 avec « la chambre du fils ». il revient cette année avec « il Caimano ». 

Citons également Guillermo Del Toro (entre autre réalisateur de « l’échine du diable » en 2002) qui présentera « El laberinto del Faino », le labyrinthe de Pan. 

Mais surtout un autre habitué de la croisette fera l’honneur de sa présence ; Ken Loach sera de retour avec « the wind that shakes the barley » (le vent se lève).

Le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan viendra présenter « Iklimer » (les climats), tandis qu’un autre fidèle de la croisette, Aki Kaurismaki,  présentera « les lumières du faubourg ». 

Le réalisateur finlandais avait raflé, on se souvient, le grand prix du jury avec « l’homme sans passé ».

L’évènement sera l’œuvre de Sofia Coppola, présente en compétition cette année avec son très attendu « Marie Antoinette ». 

A ses côtés on retrouvera Lou Ye et son « palais d’été », ainsi que Xavier Giannoli qui présentera « quand j’étais chanteurs ».

Pour son premier film, le réalisateur Andrea Arnold apparaît d’entrée en compétition avec « Red road ». 

Face à lui on retrouvera quand même Nicole Garcia qui présentera « Selon Charlie » avec le quatuor Bacri-Lindon-Magimal-Poelvoorde. 

Richard Kelly (le réalisateur de « Donnie Darko » en 2002) viendra présenter « Southland tales », tandis qu’un autre monstre sacré du cinéma sera sur la croisette avec son dernier long. 

Pedro Almodovar présentera en effet « Volver » dans lequel Penelope Cruz donnera la réplique à Carmen Maura. 

Enfin le tout dernier inscrit in extremis sur la liste des compétiteurs est le réalisateur  Israel Adrian Caetano (« l’ours rouge » en 2003) qui viendra présenter « Cronica de una fuga ».

Nous aurons donc droit à une belle compétition en perspective, agrémentée également par quelques films de taille présentés en exclusivité cannoise. 

On remarquera ainsi Sidney Pollack, qui viendra présenter « sketches of Frank Gehry », ainsi que Paul Greengrass et son « Vol 93 ». 

L’année dernière les storm troopers avaient fait vibrer la montée des marches, cette année nous devrions vivre le même genre d’évènement avec les X men qui viendront en masse pour « l’affrontement final ». 

Mais on n’oubliera pas non plus « Zidane, une légende du XXIème siècle », présenté également sur la croisette, histoire de baisser le niveau..

Difficile donc de cacher son impatience…

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