LACN n°16 mars-avril 2006 : Clap sur les gagnants du pire

Eh bien voilà, on peut tourner la page des cérémonies, la période des autocongratulations traditionnelles de la profession a pris fin ce mois ci avec les Oscars. On peut enfin ranger les tapis rouges, rendre les robes de soirées et les bijoux aux créateurs. Les séances de démaquillage terminées, maintenant place au boulot....


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Mais avant de se mettre au travail, LACN ne résiste pas au plaisir de vous faire revivre les moments les plus forts de ces remises de prix. 

Mais rassurez vous, nous n’allons quand même pas vous faire à nouveau subir le discours de Clovis Cornillac devant un public respirant une joie de vivre débridée. 

Evoquons plutôt le must du pire, les résultats de ce qui se fait de plus mauvais dans la profession, les Razzie Awards et les Bidets d’Or, traditionnellement remis la veille des cérémonies.

Il est laid le bidet

Commençons par les Bidets d’Or qui saluent ce que le cinéma français peut faire de pire, ce qui n’est pas peu dire…

Chaque année on se demande si l’on pourra faire « mieux », et chaque année on est toujours aussi surpris par le résultat ; oui, on peut encore toujours faire « mieux ». 

C’est le cas cette année avec un chef d’œuvre du cinéma français ; « Iznogoud » de Patrick Braoudé est en effet félicité, congratulé, plébiscité, que dis-je encensé par le jury et remporte la mise. 

Bidet du pire film, bidet du pire réalisateur, bidet du pire second rôle féminin pour Elsa Pataki et bidet du pire acteur pour Michael Youn. 

Pourtant un score flatteur au box office (2 500 213 entrées) vient récompenser cette œuvre. Le même profil de spectateurs que pour « les bronzés 3 » semble-t’il…

Mention spéciale à ce dernier qui remporte avec une facilité déconcertante le « Pécas d’Or » pour s’être illustré comme pire acteur trois années de suite (on ne s’en souvient pas mais on vous le rappelle ; « Iznogoud », « les 11 commandements », « la beuze »). 

Nul doute que Michael Youn vise le grand chelem l’an prochain avec son interprétation dans « incontrôlable », si toutefois on peut parler d’une interprétation. 

Si l’art a pour but de descendre dans la rue on se dit parfois qu’il devrait s’arrêter là et ne pas tomber plus bas. Sinon ce sont les enfers et l’enfer c’est ce que Michael Youn nous fait subir.

Razzies

Vite, rendons nous aux Etats-Unis, le pire a peut-être là bas quelque qualités, au moins celles de nous faire rire ? 

Eh bien cette année c’est non. Quand on a découvert la liste des nominations, on s’est dit qu’il n’y manquait plus que Michael Youn.

Eh oui, cette année, dans le domaine du pire les productions hollywoodiennes se sont plutôt lâché. Grandissime favori, « le fils du mask » qui ne méritait pas une sortie technique a été finalement coiffé au poteau par « dirty love » qui a raflé pas moins de quatre récompenses dont celle du pire film de l’année, du pire réalisateur et du pire scénario. 

Face à lui pourtant la concurrence semblait forte avec l’affligeant « sherif fait moi peur » et ses 180 562 entrées en France, et qui repart bredouille, « ma sorcière bien aimée » et « gigolo malgré lui ».

« Le fils du mask » remporte le prix de la pire suite ou remake et sauve ainsi sa réputation. Du côté du pire acteur, la palme revient à Rob Schneider pour son rôle dans « gigolo malgré lui ». 

Face à lui pourtant la concurrence était sévère avec Will Ferrell (nommé deux fois pour « Kicking and screaming » et pour « ma sorcière bien aimée »), Tom Cruise pour son rôle de scientologue en liberté dans « la guerre des mondes », et l’imposant The Rock dans « Doom ».

Chez les filles, c’est Jenny Mc Carthy qui est à l’honneur grâce à sa performance dans « dirty love » et qui devance, excusez du peu, Jessica Alba (doublement citée pour « into the blue » et «  les 4 fantastiques »), Hilary duff (« Treize à la douzaine 2 » et « l’homme parfait ») et surtout Jennifer Lopez et sa brillante prestation dans « sa mère ou moi ». 

En ce qui concerne le pire des seconds rôles féminins, c’est l’immanquable Paris Hilton qui se distingue pour son apparition sanguinolente dans « la maison de cire ». 

Elle distance de loin Jessica Simpson (« sherif fait moi peur ») pourtant favorite, tout comme Carmen Electra (« dirty love »).

Chez les garçons, Hayden Christensen n’en fini plus de prouver ses qualités de piètre acteur. 

Non content d’avoir été un désastreux Anakin Skylwalker, le voilà récompensé pour avoir ramené Darth Vador au plan des seconds rôles avec une performance calamiteuse. 

A côté la performance de Burt Reynolds (nommé deux fois pour « Mi temps au mitard » et pour « sherif fait moi peur »), ainsi que celle de Alan Cumming (« le fils du mask ») passent inaperçues.

Enfin, pour finir un nouveau prix décerné cette année spécialement pour récompenser ce qui se fait de pire dans le pire ; « la cible des tabloïds la plus ennuyeuse ». Un prix taillé presque sur mesure pour le « couple » Tom Cruise – Katie Holmes. 

Ce prix vient en effet récompenser leurs apparitions horripilantes dans les media au profit de leur campagne de communication scientologique…

Nul doute que nous retrouverons le nain hollywoodien l’an prochain dans ce qui se fait de pire...

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