LACN n°5 septembre-octobre 2002 : C'est la brève.

On commence avec quelques brèves mais surtout, la principale nouvelle : la fermeture du Gaumont Kinopanorama. Et là, ça va faire du bruit.

plus d'infos : http://sallesdecinemas.blogspot.fr/2009/04/gaumont-kinopanorama-paris-15eme.html 



M6 se met au Mandarin


M6 a récemment acheté le catalogue de la société de production Mandarin. Désormais Mandarin Films, qui avait notamment produit "XY" et "Jet Set" permet à M6 de s'associer aux futurs projets de la firme en accédant prioritairement aux prochaines productions de Mandarin Films.

Le catalogue Mandarin compte entre autre "3 zéro" de Fabien Onteniente et "Riders" de Gérard Pirès.


C'est le clash !

C’était à prévoir. Suite au rapprochement entre TF1 et Miramax que nous évoquions dans le numéro précédent, les deux entités ont décidé de créer une nouvelle structure de distribution commune appelée TFM.

Seulement les évènements se sont précipités ces dernières semaines.

En effet, l'accord qui liait jusque-là Miramax avec Bac, et qui doit normalement expirer en septembre 2003 risque de ne pas survivre à ces changements.

La première escarmouche entre Bac et Miramax a déjà éclaté à propos de la filiale vidéo de Bac (Wild Side).

En jeu, la distribution et l'exploitation des VHS et DVD de "Spy Kids" et de "Scary Movie 2". Miramax a été déboutée dans sa demande d'interdiction à Wild Side d'exploiter ces 2 vidéo sur le marché français.

La seconde bataille risque de s'effectuer cette fois sur la distribution du "Pinocchio" de Roberto Benigni et sur le prochain Tarantino.

Les tribunaux français et américains devraient être saisis prochainement. 

La dernière séance

La lumière revient déjà et le film est terminé... Vous connaissez l'histoire. Cette fois c'est sur l'écran du Kinopanorama que le rideau est tombé.

Mais il y a peut-être un espoir ? Oui ! Il y a Jack !

Quel bel homme, ce Jack Lang ! Cette fois, entre deux coupes de champagne, il vole au secours du cinéma Gaumont Kinopanorama qui a fermé définitivement ses portes le 9 juillet dernier.

Campé depuis les dernières élections dans sa retraite techno-paradisiaque calaisienne, il a en effet adressé une lettre au nouveau ministre de la culture (pour info, il s'agit de Jean Jacques Aillagon, très absorbé en ce moment par son projet de "racket à la redevance télé") pour demander la mise en place d'un projet de sauvetage du complexe de la Motte Piquet Grenelle. 

Une sorte de coup de pieds dans la fourmilière puisque personne, à part lui, ne semble s'en inquiéter.

Le Gaumont Kinopanorama, qui relevait la moyenne cinématographique du 15ème  arrondissement, a fermé ses portes le 9 juillet dernier et devrait être remplacé par un restaurant Fast-bad-Food. Europalace, qui l'exploitait jusque-là, le trouvait en effet peu rentable par rapport aux méga-complexes concurrents. 

Pour la petite histoire, ce cinéma avait ouvert ses portes en 1959 et disposait de 500 places avec un écran incurvé de 17 mètres en plus d'une acoustique qui avait été remise aux normes actuelles.

Il bénéficiait d'une forte renommée dans la profession comme parmi les spectateurs puisqu'il avait été le premier a utiliser pour la projection de films le procédé russe "Kinopanorama" (d'ou son nom). Ce système utilise 3 pellicules (il faut donc 3 cabines de projection), les 3 images étant juxtaposées sur l'écran de 20x12m. Les 9 canaux son sont enregistrés sur une quatrième pellicule 35mm (sur pistes magnétiques).

Bien que l'écran ait été réduit à 17x7m lors de son rachat en 1992 par Gaumont, il a gardé sa courbure caractéristique qui donnait l'impression d'arriver dans un immense puits. 

De ce fait cette salle magnifique était devenu peu à peu une sorte de monument national pour les vrais cinéphiles, mais en reste-t-il ? Apparemment non.

Quoi qu'il en soit, il était devenu indispensable à la vie du 15ème arrondissement et sans commune mesure avec les tristes salles des multiplexes, comme celles de l'Aquaboulevard.

A noter sur ce dossier le silence assourdissant de la mairie de Paris et de Bertrand Delanoé qui semble hélas beaucoup plus impliqué pour gaspiller les Euros des parisiens dans ses couloirs de bus et pour verser des tonnes de sables sur les voies sur berges, plutôt que de sauvegarder le patrimoine cinématographique parisien qui dépérit à vue d'œil depuis deux ans (souvenez vous de la fermeture du Gaumont Opéra impérial et de plusieurs salles sur les champs Elysées). 

Paris brule-t-il ?

Pour continuer le cas de la mairie de Paris qui ne cesse de s'aggraver, celle ci a annoncé le 11 juillet dernier qu'elle se désengageait du festival du Film de Paris.

Une preuve de plus de l'inculture de l'actuelle municipalité et de son incapacité à relever Paris au rang de capitale (au moins française) du cinéma.

L'adjoint à la culture explique cette décision de Bertrand Delanoé : "j'avais observé lors de l'inauguration de la dernière édition qu'il y avait trop de limousines et de petits fours" (…et pas assez de backrooms ?).

Hey, mec, il fallait affréter des bus RATP et envoyer des SDF…N'empêche, j'ai gardé l'invitation de Bertrand Delanoé et il écrit : "tenue de cocktail exigée"…

Le festival du Film de Paris avait été créé il y a 17 ans déjà mais n'était pas une émanation directe de la ville de Paris puisqu'il était le fruit d'une initiative privée, ce qui ne devrait pas gêner la pérennité de cette manifestation.

Il ne reste qu'à trouver d'autres mécènes privés et des subventions…du nouveau ministre de la culture ? … oups… on y croit fort.

Pour l'instant la 18ème édition est toujours programmée du 24 mars au 1er avril 2003 avec le soutien d'Isabelle Adjani, qui a accepté d'être la présidente pour la deuxième année consécutive, et aura comme invité d'honneur la Grande Bretagne, (et pas le maire de Paris).

On me fait dire aussi qu'il y aura des acteurs et des actrices en limousines et des petits fours. Yes ! D'ici là j'aurai peut être acheté une tenue de cocktail.

Viva Italia !

Puisque le festival de la ville de Paris va bientôt connaître son âge de glace, allons donc à l'étranger voir comment fonctionne un véritable festival de cinéma avec le quel une municipalité collabore.

Direction Venise où la Mostra aura lieu du 29 août au 8 septembre (et où l'invité d'honneur sera Bertrand Delanoé…non je blague).

Gong Li présidera le jury de la 59ème édition et succède à Nanni Moretti, président en 2002.

Côté films, on retrouvera entre autre Audrey Tautou dans "Dirty pretty things" de Stephen Frears et notre Johnny national dans "L'homme du train" de Patrice Leconte ainsi que Tonie Marshall qui présentera en compétition pour le Lion d'Or "au plus près du paradis" avec la figurante Catherine Deneuve. Nous aurons l'occasion d'en reparler.

Vamos a la playa

Sans aller si loin, notez aussi le festival de Deauville 28ème du nom du 30 août au 8 septembre prochain.

Là aussi, une foule de limousines, de stars, de petits fours et surtout d'avant premières mondiales : "signs" de Night Shaymalan avec Mel Gibson, "Sonny" le premier long métrage de Nicolas Cage, "City of ghost" premier long également de Matt Dillon (avec Gérard Depardieu), ainsi que Sylvester Stallone qui présentera son nouveau film "Avenging Angelo" avec Anthony Quinn et Madeleine Stowe.

En compétition on retrouvera notamment "Blue Car" de Karen Moncrieff, "The good girl" de Miguel Arteta, "Long way home" de Peter Sollett.

Côté Strass, Matt Damon, Tom Hanks, Harrison Ford, Gwyneth Paltrow et Steven Soderbergh seront aussi de la partie.

Aucun commentaire