LACN n°2 mars-avril 2002 : Y a-t-il un cinéma sur les Champs Elysées ?

A l’heure ou Hollywood Boulevard à Los Angeles renaît comme pôle cinématographique majeur avec l’ouverture d’une cinémathèque et d’un centre de loisirs accueillant des salles de cinéma et la 74ème cérémonie des Oscars, les Champs Elysées ne cessent de perdre leur prestige culturel et ressemblent à une vaste galerie marchande ou le cinéma représente une portion de plus en plus congrue.



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L’étau se resserre 

Jadis pôle cinématographique majeur, l’avenue est désormais soumise à une pression financière qui pousse les cinémas à partir. Dernier exemple en date ; la fermeture de l’UGC Champs Elysées le 15 janvier dernier qui vient s’ajouter à une liste déjà très longue.


Après la fermeture pour travaux des deux salles du Publicis Elysées et du Gaumont Champs Eysées le 31 décembre 1999, la disparition de l’UGC Champs Elysées et de ses 450 places sonne le glas des salles uniques, difficilement rentabilisables dans un marché parisien de plus en plus concurrentiel et qui ne peuvent rivaliser avec l’offre des multiplexes, mais surtout face à la pression financière des propriétaires des murs qui préfèrent louer leurs surfaces à des enseignes commerciales prêtes à s’offrir au prix fort une vitrine sur les Champs.


Une lente agonie

Pourtant avec 4.1 millions d’entrées en 2000, l’avenue reste toujours le quartier de cinéma le plus fréquenté de Paris, mais perd de son attrait face à de nouveaux pôles cinéma comme Montparnasse, Les Halles ou Bercy. Elle ne dispose plus aujourd’hui que de 7 complexes et de 38 salles. Et dire que l’avenue proposait voilà 20 ans trois fois plus de cinémas et deux fois plus d’écrans.


Depuis 1975, ce sont en effet pas moins de 19 cinémas qui ont disparu des Champs. Le Mercury est devenu le Queen, l’UGC Marbeuf est devenu le Man Ray, le Lord Byron un Quick, l’UGC Ermitage un Séphora, le Gaumont Colisée un Pier Import puis un Zara, l’UGC Biarritz un hall d’exposition Toyota, le Monté Carlo la librairie du Virgin Mégastore, le Paris le siège de la Thaï et le Gaumont Champs Elysées un magasin Benetton.


Et l’hémorragie n’est pas prête de s’arrêter : l’UGC triomphe est en sursit puisque le propriétaire de l’immeuble ou se trouvent les 4 salles souhaiterai augmenter le loyer à un niveau que le cinéma ne pourrai supporter.


La disparition programmée des cinémas de l’avenue (le Balzac lutte toujours contre l’envahisseur) risque pourtant de ne plus drainer une clientèle qui profitait aux restaurants et aux autres commerces.


LES CINÉMAS DES CHAMPS
Année
Nb cinémas
Nb écrans
1946
17
17
1955
18
18
1965
18
18
1975
26
46
1985
20
63
1995
11
43
2002
7
38


Une situation un peu plus complexe 

Pendant ce temps là, les multiplexes poussent comme des champignons. Depuis le 16 janvier 2002, Europalace a ouvert sous l’enseigne Pathé un nouveau complexe quai d’Ivry proposant 14 salles et 3820 places (dont une des plus grandes salles de la région parisienne avec 634 places). Cette ouverture marque un élargissement de l’offre vers le sud est de Paris avec l’UGC Ciné Cité Bercy déjà installé de l’autre côté de la Seine et la prochaine ouverture du MK2 Tolbiac (14 salles) prévue en 2003. 


Une ouverture ciblée 

Une seule différence démarque le Pathé des ses concurrents. Contrairement à l’UGC Ciné Cité Bercy et au MK2 Tolbiac, le Pathé propose uniquement des films en version française et cible une clientèle plus banlieusarde que parisienne. Des commerces de restauration rapide sont d’ailleurs présents à proximité.

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